[ #HistoiresExpatriées ] Idées reçues…

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(édition n°2410/2019)
(avec pour marraine Kenza, expatriée au Canada)

Thème proposé :

IDÉES REÇUES

 
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Après avoir abordé le thème « Vision de la France et des français dans notre pays d’adoption », cette fois-ci on regarde par l’autre bout de la lorgnette pour inverser les choses et traiter du sujet des idées reçues, des clichés, des préjugés que l’on peut avoir en tant que français sur le pays d’expatriation.
 
 
À vrai dire, en m’envolant pour le Sénégal, je ne m’imaginais absolument pas comment ça pouvait être là-bas. Je n’avais pas vraiment d’idée de ce que ça pouvait représenter, et je n’étais tellement pas préparée à ce qui m’attendait que le choc fut (vraiment) très rude.
Pour moi, c’était le grand saut vers et dans l’inconnu (et autant dire que j’ai été servie !) puisque je n’avais jamais mis les pieds au Sénégal, ni dans aucun autre pays du continent africain, auparavant.
Les seules images que je pouvais avoir de l’Afrique, à l’époque où j’y suis partie, résultaient des infos télévisées ne montrant que des guerres, de vidéos de la terrible famine sévissant en Éthiopie diffusées avec la chanson caritative “We are the world“, ou encore de la BD “Tintin au Congo”… Ce n’était pas très “vendeur”…
 
Une fois là-bas, et puis après notre retour en France, les idées reçues me sont apparues.
Voici celles que j’ai sélectionnées.
 
 
 
 

  « Alors comme ça tu as vécu en Afrique ? »  

 
Oui… mais NON pas exactement !
Attention, voici un scoop à peine croyableL’Afrique, ce n’est pas un pays !
Je ne vais pas me lancer dans un cours soporifique de géographie (je risquerais de perdre les rares courageux lecteurs qui trainent sur mon blog et ceux qui y ont atterri à l’insu de leur plein gré), mais je rappelle que l’Afrique est un continent comptant 54 pays, dont le Sénégal où j’ai vécu en 1994/1995.
 
Attention : il y a un piège sur cette carte ! Les 54 pays n’y sont pas tous indiqués. A vous de jouer…
 
 
Le continent africain est vraiment IMMENSE. Je vous l’accorde, ça ne se voit pas forcément à l’œil nu quand on regarde les traditionnels planisphères qui écrasent inévitablement la taille réelle et les proportions. Mais en réalité, avec ses presque 30,5 millions de km², l’Afrique est plus grande que les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon et une bonne partie de l’Europe réunis, c’est dire à quel point les mappemondes sont trompeuses.
 
NON ! Le Groenland n’est pas aussi vaste que l’Afrique dans la vraie vie.


Si vous n’êtes encore tout-à-fait convaincus, je pense que cette autre carte devrait faire l’affaire. En tout cas, elle vaut mieux qu’une interminable démonstration. Cette infographie assez géniale parle d’elle-même…
 
source : infographie de Kai Krause
 
L’amalgame Afrique=pays est tellement répandu que, le plus souvent, les idées reçues les plus courantes ne concernent pas spécifiquement l’un de ses 54 pays en particulier.
 
 
 

 « On dirait qu’ils se ressemblent tous. Tu arrivais à les reconnaître toi ? » 

 
#AlerteClichéRaciste
 
Faites-vous la distinction entre la peau diaphane d’un européen du Nord et la peau mate d’un européen du Sud ?
Oui ? Évidemment…
 
Des variations de couleurs cutanées existent tout autant, si ce n’est encore plus, en Afrique. La diversité de la palette des teintes est même carrément stupéfiante : ça va du café au lait jusqu’au noir ébène !

 
 
Qu’en est-il au Sénégal ?
La variété des 🎵🎶 couuuuleuuuurs caaaaaféééé 🎵🎶 (ok, ça date des années 60, c’est vraiment vieux, mais elle a eu une seconde naissance dans les années 80. Vous l’avez ?) est également assez marquée.
Pour la petite anecdote, une mannequin sénégalaise, Khoudia Diop, s’est distinguée il y a quelques années par la profondeur de sa noirceur. La couleur de sa peau paraît surnaturelle, jugez plutôt.
 
 
En vivant en immersion au Sénégal, on finit par se rendre compte que les teints (et les physionomies) varient en fonction de l’ethnie d’origine. Et autant dire que des ethnies, ce n’est pas ce qui manque là-bas !
Pour faire simple, on en dénombre, grosso modo, autour d’une vingtaine.
Sauf qu’en réalité, ce n’est pas aussi simple puisque les groupes se déclinent en sous-groupes, sous-sous-groupes, en fonction de la magie des mélanges, des diversifications résultant des brassages inter-ethniques, des croyances et des traditions, des religions (musulmans, chrétiens) de chaque communauté multipliées par chaque obédience d’appartenance, de la multitude des dialectes pratiqués, des régions habitées.
 
Bref, schématiquement, la population sénégalaise se répartit entre les Wolofs (auxquels les Lébous sont “rattachés”), les Sérères (avec des individus à la peau très noire), les Toucouleurs et les Peuls (à la peau tendance cuivrée, scarifiée et dont les femmes ont les traits du visage fins et parfois tatoué) appartenant au groupe des Halpulaars, les Diolas (d’assez petite taille et au visage rond), les Mandingues (avec notamment les Malinkés, les Soninkés et les Bambaras), et toute une série de minorités ethniques disséminées dans le pays comme par exemple les Bassaris, les Bédiks –photos du titre au début– (dont les femmes portent un bâton dans les narines, coquetterie typique), les Balantes, les Baïnouks, les Manjaks, etc.
 
Ces deux cartes (oui, encore…) permettent de mieux visualiser les répartitions territoriales dans leurs grandes lignes.
 
 
 
 
Et comme une photo vaut parfois mieux que 1000 mots, voici un petit trombinoscope ethnique de 9 photos.
Bédik

À l’origine, la coquetterie arborée dans les narines
était une épine de porc-épic.
Ici, elle a été remplacée par un bâton de chupa chup !

Sérère
Toucouleur
Bassari
Bassari

costume traditionnel
Malinké
Peul
Wolof
Diola
 
 
Donc penser que les sénégalais se ressemblent tous, c’est aussi absurde que dire que les français ont tous la même tête !
 
 
 

 « Non mais franchement, entre la pauvreté, les famines, les épidémies et les guerres, avoue que l’Afrique ne fait pas rêver… » 

 
Soyons honnête, même si généraliser ces phénomènes est un raccourci trop facile et un peu rapide, je vais avoir du mal à casser ces idées reçues-là étant donné qu’il y a un fond de vérité.
 

PAUVRETÉ

Oui, le continent africain compte les populations les plus pauvres de la planète. Et pourtant, paradoxalement, l’Afrique est la plus riche en termes de ressources naturelles. Elle regorge de diamants, d’or et autres minerais et métaux, de pétrole, de gaz, de charbon, de bois et forêts, ou encore d’eaux très poissonneuses.
(Allez, comme je sens que vous en mourez d’envie, voici une nouvelle carte pour illustrer ça… Promis, c’est la dernière.)
 
 
 
La principale ressource naturelle du Sénégal est le phosphate.
Un gisement off-shore de pétrole a été découvert assez récemment au large des côtes sénégalaises, mais à ce jour, il n’est pas encore exploité.
Petite parenthèse “anecdotique” : il existe des milliers d’orpailleurs dans la région reculée du Sénégal Oriental au Sud-Est du pays. Du côté de Kédougou, c’est une ruée vers l’or anarchique à tendance mafieuse qui sévit, avec toutes les dérives que cela peut engendrer : traite des personnes, déscolarisation et travail forcé des enfants, trafics en tout genre, clandestinité, proxénétisme et prostitution, pollutions… Le précieux métal est extrait de manière artisanale, dans des conditions effroyables. Des galeries exiguës sont creusées dans la terre, sans sécurités ni protections. Les garçons et les hommes s’y glissent dedans pour aller y chercher terre et roches à remonter à la surface pour y être traitées. Ils espèrent pouvoir y trouver les paillettes qui amélioreront la vie de leur famille, au péril de la leur…
Voici quelques photos du filon aurifère de Kereconto.
 
 
 
 
Si la pauvreté domine en Afrique alors que les ressources naturelles y sont très abondantes, c’est parce que ces richesses ne profitent pas aux africains. Ce sont des entreprises étrangères qui en tirent parti, après des décennies de main mise des pays colonisateurs. Certes les populations locales sont embauchées, mais en réalité elles sont exploitées car elles constituent une main d’œuvre abondante et très bon marché. Les bénéfices faramineux dégagés par les compagnies internationales ne sont pas réinjectés dans les économies locales, et les contributions qu’elles reversent aux pays sont, de toute façon, court-circuitées par le fléau de la corruption larvée qui gangrène les États et leurs services.
 
 
À ce propos justement, lorsque j’ai débarqué au Sénégal, la réalité du système et des chiffres m’avait fait tomber de haut et m’avait scandalisée (d’ailleurs, me replonger dans mes archives et retrouver tout ce que j’avais noté à ce sujet me choque toujours autant aujourd’hui). Forcément j’étais jeune, un peu naïve et je n’y connaissais encore rien au système africain, mais enfin bon, à ma décharge, ce genre d’informations n’était pas vraiment relayée en France
 
En terres sénégalaises, à cette époque, il ne se passait pas une semaine (pour ne pas dire un seul jour) sans que les actualités télévisées n’énumèrent très solennellement la longue liste des aides internationales accordées au Sénégal : « […] 35 millions de francs (l’euro n’existait pas encore) de la France, 10 millions de dollars des États-Unis, 15 millions de dollars du Canada, un milliard de yens du Japon, […] ». On avait l’impression d’assister à l’annonce officielle des gains gagnés aux supers cagnottes du loto… En voyant ça, on aurait pu penser qu’avec autant d’argent tombé du ciel, le peuple sénégalais, heureux gagnant en série de ces jackpots providentiels, vivait dans l’opulence et l’abondance sans avoir à se soucier du lendemain. Sauf qu’en réalité, il n’en était rien (et n’en est toujours rien de nos jours), loin de là.
 
Bon, je vous l’accorde, des chiffres balancés comme ça, sans références, sans repères, sans échelle de valeurs, premièrement ce n’est pas follement passionnant, et deuxièmement ce n’est pas très parlant (d’autant plus qu’on peut faire dire tout et n’importe quoi aux chiffres, parole d’expert-comptable). Donc pour donner une idée de ce que ça pouvait représenter, je vais ouvrir une petite parenthèse rétrospective “économie locale”.
NOOOOON, ne fuyez pas 😁 !  Je vais (essayer d’) être (aussi) brève et claire (que possible).
 
Au milieu des années 1990, le PNB (traduction pour les non-initiés : PNB = Produit National Brut = richesse produite par un pays) du Sénégal était autour de 600 € par an et par habitant. (Attention, cette somme ne correspond pas du tout au revenu moyen par personne, mais bien à la richesse produite par le pays ramenée au nombre de sénégalais, c’est très différent. Un enfant n’a pas de revenus mais, statistiquement, son PNB individuel est de 600€.)
Dans ces 600 €, la moitié provenait de la générosité des pays “bienfaiteurs”. Oui, vous avez bien lu, les aides internationales représentaient 300 € par an et par habitant.
Ce montant était énorme par rapport à l’équivalent du SMIC local qui s’élevait alors à 55€/mois, soit 660 € par an.
Certes ces aides n’étaient pas de l’argent sonnant et trébuchant à distribuer à la population. (Il ne faut pas se leurrer, la vraie philanthropie, au sens littéral et noble du terme, est une douce utopie…). Mais (en théorie) elles étaient destinées à améliorer la vie des locaux par le biais du financement de projets liés, par exemple, à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’eau potable, aux infrastructures. Sauf que, dans les faits, le tour de passe-passe des gouvernements consistait à détourner/monopoliser une part de ces fonds pour financer le train de vie dispendieux de l’État ainsi que tous les parasites gravitant autour pour profiter du système.
Une autre part (conséquente) servait, par ailleurs, à payer les “frais de fonctionnement” nécessaires à la mise en œuvre desdits projets (salaires/indemnités, frais de logement, de déplacements et autres avantages en nature des expat’).
Au bout du compte, la part consacrée à la réalisation proprement dite était un peu la portion congrue.
Abracadabra… aussitôt l’argent reçu, aussitôt disparu…
 
 
 
Comparée à beaucoup d’autres contrées d’Afrique, la majorité de la population au Sénégal n’est pas dans la misère au sens littéral du terme. Il n’en reste pas moins que les sénégalais vivent au jour le jour dans une grande précarité financière, leur principale préoccupation quotidienne étant de trouver de quoi nourrir toute leur famille-tribu et subvenir aux besoins prévus et imprévus.
La “vraie” pauvreté concerne surtout les zones de campagnes. Par exemple, en 1994 (lorsqu’on vivait là-bas), la Banque Mondiale estimait qu’environ 40% des familles rurales vivaient en-dessous du seuil de pauvreté. Il en aurait été tout autrement si les millions reçus des aides internationales avaient été redistribués…
 
 

FAMINES

Il n’y a pas de famines au Sénégal. Par contre, il existe un réel problème de malnutrition infantile, de carences et de déséquilibres nutritionnels plus dus au manque de moyens financiers qu’au manque de ressources alimentaires.
 
À propos de bouffe, je précise/je rappelle que la cuisine sénégalaise est l’une des plus réputée d’Afrique de l’Ouest. J’en ai copieusement parlée lors d’une précédente édition des #HistoiresExpatriées, à (re)lire et déguster sans modération !
 
 

ÉPIDÉMIES

Sida, Ebola, fièvre jaune, paludisme, etc. Quelle belle liste de maladies mortelles répandues en Afrique, toutes plus sympathiques les unes que les autres. Le fléau des épidémies est bien réel, mais tout le continent africain n’est pas concerné. Par ailleurs, des mesures de prévention existent pour se prémunir.
 
Le Sénégal fait partie des pays africains relativement moins touchés par le sida grâce aux campagnes de sensibilisation et de prévention mises en place depuis des décennies.
 
Le pays a été miraculeusement épargné par la terrible épidémie Ebola qui a sévi en 2014/2015, alors que la maladie était extrêmement active et meurtrière de l’autre côté de l’une de ses frontières, en Guinée voisine.
 
Pour ce qui est du paludisme, avec l’omniprésence des moustiques, il est indéniable que le risque est réel. En respectant des mesures de précautions (moustiquaires, répulsifs, vêtements longs et couvrants aux levers et couchers du soleil, traitements préventifs lorsque c’est possible), on peut limiter le risque et y échapper. Ou pas ! En ce qui nous concerne, nous n’avons pas été épargnés : nous avons eu la malaria tous les deux (Philéas plus fortement que moi) dès les premiers mois de notre parenthèse expatriée, et ce malgré la prise de médicaments préventifs.
 
Plus généralement, partir vivre dans une contrée africaine est souvent perçu comme une grosse prise de risques pour sa santé. Mais en France, n’y a-t-il aucun risque épidémiologique ? On oublie par exemple que l’on peut y attraper très facilement la grippe chaque année, une petite maladie bien sympa qui a tué près de 13 000 personnes à l’hiver 2017/2018 (l’OMS estime que la grippe saisonnière décime entre 300 000 et 650 000 personnes à l’échelle mondiale)
En réalité, en tant qu’expatrié occidental, ce n’est pas vraiment plus dangereux que dans son pays d’origine car on a (la chance d’avoir) les moyens de pouvoir se soigner sur place. Il ne faut juste pas s’affoler lorsque l’on découvre le système médical local
 
 

GUERRES

Je serais vraiment de mauvaise foi si je prétendais que les guerres n’existent pas en Afrique puisque si l’on a atterri au Sénégal début 1994, c’est précisément à cause de l’une d’entre elles…
Au départ de l’action, notre aventure expatriée devait se dérouler au Burundi. Mais quelques mois avant de mettre les voiles, une guerre civile sanglante y a éclaté, celle opposant les ethnies Tutsis et Hutus ayant abouti au massacre de centaines de milliers de personnes.
 
 
Une fois au Sénégal, en s’intéressant à son histoire et sa population, et à l’occasion de nos diverses explorations dans différentes régions, on a découvert que, contrairement à ce que l’on pouvait penser au premier abord, le pays de la légendaire teranga(=art de l’hospitalité) n’avait pas été épargné par des conflits extérieurs comme intérieurs.
 
C’est ainsi que l’on a appris que le Sénégal se remettait doucement d’un conflit (qui nous était totalement inconnu) avec la Mauritanie qui avait éclaté en 1989. C’est une très longue histoire bien complexe, mais pour faire court et simplifier, il s’agissait à la fois d’une guerre opposant les “africains blancs” –les Maures– aux “africains noirs” –les Peuls–, et d’une guerre territoriale pour l’accès à l’eau, le fleuve Sénégal faisant office de limite naturelle entre les deux pays.
Les frontières avaient été rouvertes en 1992, mais lors de notre échappée belle dans le désert mauritanien (en janvier 1995), on avait pu se rendre compte combien les tensions étaient encore bien présentes.
 
On avait découvert aussi par ailleurs que des luttes intestines sévissaient depuis longtemps en Casamance, mon coin préféré du Sénégal, une région du Sud-Est enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau. Là-bas soufflait (et souffle encore actuellement puisqu’à ce jour, rien n’est concrètement et définitivement résolu) un vent indépendantiste, la rébellion séparatiste ayant déclenché les hostilités au début des années 1980.
 
Malgré tout, le Sénégal est sans nul doute l’un des pays africains les plus pacifiques du continent en n’ayant jamais connu ni coup d’État ni dictature militaire (ce qui est suffisamment rare pour être souligné). Il est d’ailleurs perçu comme un modèle africain de tolérance où toutes les ethnies vivent ensemble en harmonie. Il est considéré comme un pays démocratique, bien qu’il ait connu le “régime” du parti unique sans opposant, et du despotisme.
 
 
 
Le spectre des guerres incessantes en Afrique est tenace. Chaque situation est particulière, mais il ne faut pas oublier au moins deux choses.
 
D’abord, beaucoup de conflits du continent africain sont l’une des conséquences de l’après-colonisation. En se retirant, ce sont les pays colonisateurs qui ont fixé les frontières des pays en tenant plus compte de leurs intérêts économiques que des réalités locales, ethniques, religieuses, géographiques. Ainsi, du jour au lendemain, des territoires ethniques ancestraux ont été divisés par une ligne administrative, les peuples d’une même origine s’étant retrouvés séparés en appartenant à des pays distincts. Ce fut le cas pour le redécoupage de l’Afrique de l’Ouest par exemple, anciennement A.O.F.(Afrique Occidentale Française) devenue le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger, la Guinée, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin.
 
Cette vidéo l’explique très bien
 
Ensuite, dans la longue Histoire de l’humanité, les pays africains ne font pas exception en ce qui concerne le processus de constitution de chaque Nation. Ce serait avoir la mémoire courte que de ne pas se rappeler par exemple qu’en Europe, avant de parvenir à la stabilité géographique et à la paix actuelle (pour combien de temps encore ?), d’innombrables guerres et massacres se sont enchaînées pendant des siècles… La décolonisation ne date que du siècle dernier, les peuples se sont vu imposer des frontières qu’ils n’ont pas choisies, les guerres traduisent leur volonté de réviser les choses. Il faut du temps au temps et à l’Histoire. Gageons que les situations soient sur la voix d’un apaisement plus rapide qu’en Occident.
 
 
 
 
 
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Même si le dicton « il n’y a jamais de fumée sans feu » peut parfois s’avérer vrai, il faut bien se garder de systématiquement croire que les idées reçues sont forcément des réalités ou des vérités universelles. Bien souvent, un préjugé est plus caricatural qu’autre chose, et/ou transforme à tort une particularité singulière en une généralité globale. Dès que l’on creuse un petit peu, on finit par se rendre compte que les idées reçues émanent surtout de l’ignorance et ne sont finalement que le reflet de fantasmes et de peurs de l’inconnu.
 
 
 
 
 
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édition n°23 : Ces choses qui m’agacent dans mon pays d’accueil…(je n’ai pas participé à ce numéro)

édition n°22 : La distance…
édition n°20 : La Nature…
édition n°18 : Leurs coutumes/habitudes devenues miennes.(je n’ai pas participé à ce numéro)
édition n°17 : Qu’est-ce qu’on écoute au Sénégal ?
édition n°16 : Un mot, une expression…
édition n°15 : La cuisine…
édition n°14 : Mon intégration…
édition n°13 : Le système médical…
édition n°12 : Les rapports humains…
édition n°10 : Le corps ailleurs…
édition n°7 : Votre coin de France.(je n’ai pas participé à ce numéro)
édition n°5 : Mon ailleurs la nuit…
édition n°4 : Ma nouvelle routine…
édition n°3 : Pourquoi es-tu partie ?
 

D’autres participations abordant ce thème sont listées en fin d’article ici.

 
 
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12 Comments on “[ #HistoiresExpatriées ] Idées reçues…

  1. Ton article est super intéressant ! Grâce à toi j’ai appris beaucoup de choses sur ce pays (et ce continent) que je ne connais que de nom – ou presque. Ca a dû te prendre beaucoup de temps d’écrire tout ça, alors merci 🙂 !

    • Merci pour ton commentaire. Si mon article a pu te faire découvrir quelque chose d’intéressant, alors m’en voilà ravie. Mission accomplie pour moi !
      Pour ce qui est du temps d’écriture, oui, en effet, tous mes articles me demandent beaucoup trop de temps. Et encore, celui-là est l’un des plus courts que j’ai écrit jusqu’à maintenant :-)…

  2. Merci pour ça, et pour dire une chose qui devrait être banale et pourtant ne l’est pas : “L’Afrique, ce n’est pas un pays !” et africain n’est pas une nationalité !

  3. Très intéressant ton article ! ♥♥ Je rebondis sur un truc que tu dis dès le départ : mes élèves (anglais) me prennent souvent la tête en me disant qu’ils rêvent de visiter America ou Africa. J’arrive pas à leur faire rentrer dans le crâne que ce sont des continents, avec plein de pays.

    • Merci Ophélie !
      Pour tes élèves, je crois que le mieux est de leur sortir… une belle carte 🙂 ! Ce sera plus parlant.
      C’est vrai que la géographie n’est pas souvent bien maîtrisée, c’est bizarre quand même, je n’ai jamais compris pourquoi.

  4. Ça m’énerve toujours quand j’entends des gens parler de l’Afrique comme s’il n’y avait pas de différences de cultures, de langues, de religions, de peuples, etc. On ne dirait jamais ça de l’Asie. Sinon, j’ai fait des études de géographie alors tes cartes m’ont forcément beaucoup intéressée. 😉

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