[ #HistoiresExpatriées ] La nature 🌿 au Sénégal 🇸🇳…

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(édition n°2006/2019)
(avec pour marraine Aurore, expatriations en Finlande et au Sri Lanka)

Thème proposé :

 LA NATURE ET
MON PAYS

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Il m’est impossible de parler de la nature au Sénégal sans évoquer en premier lieu son emblème : le baobab. C’est l’arbre sacré, l’arbre vénéré, l’arbre à légendes, l’arbre à palabres (et accessoirement mon arbre africain préféré).
 
Ce géant majestueux collectionne des caractéristiques incroyables, à commencer par sa forme générale stupéfiante : on a l’impression qu’il est planté à l’envers. Ses branches, si petites par apport à la grosseur de son tronc, évoquent plutôt des racines en l’air. Une légende africaine raconte que Dieu, excédé par le comportement de l’arbre jamais satisfait, l’aurait arraché et replanté à l’envers pour le punir.
 
Sa longévité pourrait atteindre les 2000 ans. Il peut mesurer jusqu’à 20m de haut et 30m de circonférence avec un tronc épais au bois mou, gorgé d’eau (pouvant stocker plus de 120 m3 d’eau ! Très utile sous les climats arides où il vit…), tortueux et boursouflé, parfois creux dans lequel on peut y pénétrer debout à plusieurs. D’ailleurs, ces cavités font parfois office de sépulture pour des griots.
 
Toutes les parties du baobab ont des propriétés médicinales, des vertus thérapeutiques ou une utilité spécifique. Écorce pour fabriquer des fils et des cordes. Bois pour fabriquer certains instruments de musique. Feuilles fraîches ou séchées ou réduites en poudre, graines, fruit (appelé pain de singe), utilisés en pharmacopée traditionnelle pour soigner de nombreuses affections (diarrhées, inflammation, asthme, rhumatismes, etc.). Chair des fruits à manger et à boire sous forme du jus de bouye, un breuvage bourré de calcium et très riche en vitamines C et en antioxydants. Feuilles à manger aussi, tout comme les racines et les graines grillées. Bref, le baobab a tout bon !
 
Ce majestueux baobab est sacré. C’est le plus gros du Sénégal Oriental avec près de 20m de circonférence. Il est situé au village d’Iwol au pays Bédik.
(1994) voilà à quoi ressemble une forêt de baobabs. Étonnant non ?  Ils sont dépourvus de feuilles une grande partie de l’année.
 
 
 
Au royaume de la teranga, la nature ne se résume pas qu’au baobab évidemment.
 
La nature au Sénégal est riche et variée grâce à sa situation géographique. Au Nord, c’est le désert aride du Sahara mauritanien. Au Sud, on se rapproche de la zone tropicale avec les forêts humides guinéennes. Entre les deux, c’est ce que l’on appelle le Sahel, une zone qui s’étend jusqu’au Soudan à l’Est du continent africain. Ainsi, on retrouve trois zones climatiques : semi-désertique dans les régions Nord, savane arborée dans les régions centrales et différents types de forêts dans les régions Sud.
Le patrimoine naturel sénégalais est donc une transition progressive entre des écosystèmes d’une grande diversité : déserts, brousse, savane, steppes, forêts, palmeraies, bambouseraies, zones humides lacustres, fluviales et marines, mangroves et bolongs. La palette est aussi vaste que fragile, les deux principales menaces étant la sécheresse qui sévit de plus en plus intensément et la pression humaine avec la croissance démographique soutenue.
 
 
D’un point de vue touristique, ce n’est pas de notoriété publique et pourtant le pays compte pas moins de 6 Parcs Nationaux (dont 2 classés à l’UNESCO), une trentaine de Réserves Naturelles, 7 aires marines protégées, 213 forêts classées, 27 unités pastorales et plusieurs forêts communautaires (source : ministère de l’Environnement et du Développement Durable du Sénégal / rapport 2015).
 
Comme il y a beaucoup trop de sites pour tous les citer sans exceptions (pour ça, google est ton ami… ou pas !), je me limite donc aux 6 Parcs Nationaux que j’ai fléchés en jaune sur la carte ci-dessous :
 
Parc National du Niokolo Koba (classé à l’UNESCO), le plus grand du Sénégal.
Parc National des oiseaux du Djoudj (classé à l’UNESCO), troisième plus grand Parc ornithologique du Monde, escale privilégiée des oiseaux migrateurs.
→ Parc National de la Langue de Barbarie (qui risque fort de finir par disparaître avec l’érosion côtière et la montée du niveau des océans).
→ Parc National du Delta du Saloum, aussi appelé Parc du Siné-Saloum (destination touristique sénégalaise actuellement très à la mode). Les locaux l’appellent la petite Casamance.
→ Parc National ornithologique des îles de la Madeleine (dont j’ai raconté notre visite en famille ici).
→ Parc National de Basse Casamance (malheureusement interdit depuis longtemps pour des raisons de sécurité liées au conflit avec les indépendantistes, beaucoup de zones étant toujours minées. Tant que le site ne sera pas entièrement sécurisé, il restera fermé jusqu’à nouvel ordre…).
 
 
Que ce soit lors de notre parenthèse expatriée ou, après notre retour en France, à l’occasion de nos différents voyages au Sénégal, nous avons visité quelques-uns des principaux sites du pays, certains même plusieurs fois.
 
Celui que j’ai choisi de présenter est le Parc National du Niokolo Koba car c’est là-bas qu’il est possible d’observer pas mal d’animaux et d’oiseaux peuplant une nature sauvage typique encore préservée. C’est aussi parce qu’il est situé au Sénégal oriental, la région que je préfère avec la Casamance.
 
Alors certes, ce n’est pas aussi grandiose et spectaculaire qu’au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud ou encore en Namibie. À sa décharge, il faut préciser que le Niokolo ne joue pas dans la même catégorie : il n’a pas les mêmes superficies, les mêmes facilités d’accès (il faut compter une journée de route depuis Dakar pour atteindre le site, et autant pour en revenir. Une aventure en soi, un voyage dans le voyage…), les mêmes moyens de conservation ni les mêmes infrastructures pour accueillir les visiteurs. Mais y aller est néanmoins une expérience à vivre pour peu que l’on prenne le temps d’y rester au moins 2-3 jours, en bivouaquant au cœur même du Parc, si on veut multiplier les chances de croiser un maximum de faune locale. Les animaux sont d’autant plus craintifs que l’Homme est un prédateur pour eux. Un safari photos au Niokolo se mérite mais il est tout-à-fait possible si l’on s’en donne les moyens.
 
 
Le Niokolo Koba vaut le coup (même si c’est un coup de poker) ! Démonstration avec beaucoup beaucoup (vraiment beaucoup) de photos, et aussi quelques mini vidéos…
 
 
 
Le Parc National du Niokolo Koba
mai 1994 à la fin de la saison sèche, à la période la plus chaude et aride de l’année. La chaleur écrasante et la température ambiante sont dignes des enfers. Les niveaux des cours d’eau sont au plus bas. La végétation est cramée, mais elle ressuscite miraculeusement chaque année dès la saison des pluies.
 
Il fut une époque (au siècle dernier) où le Parc National du Niokolo Koba avait son “heure de gloire”, son hôtel de “standing” avec vue imprenable surplombant le fleuve Gambie en plein cœur du parc (l’hôtel de Simenti, à l’abandon depuis bien longtemps, renaîtrait de ses cendres grâce à un projet de réhabilitation) et même un minuscule aérodrome où les coucous atterrissaient sur une piste de terre… Il y avait alors des éléphants et des lions (dont l’espèce est réputée la plus grande du continent africain). Créé à l’origine en 1954 (après avoir été une réserve de chasse pendant près de trois décennies), le lieu était devenu tellement prometteur en Afrique de l’Ouest qu’au début des années 70, il a été le décor d’une des aventures rocambolesques de Spirou et Fantasio. Puis en 1981, il a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que sur sa liste des réserves de biosphère.
 
Bon, on ne va pas se mentir, ce temps-là est révolu depuis bien longtemps ! La promesse n’a pas été vraiment tenue, les résultats escomptés n’ont pas été atteints. Malheureusement.
La gestion du Parc n’a pas été à la hauteur (pour ne pas dire “a été déplorable”) de la richesse naturelle du lieu et de son potentiel. Cela fait des années que les pistes ne sont même plus entretenues et retracées après la saison des pluies, que la plupart des gués traversant les cours d’eau ne sont pas restaurés non plus, ce qui rend toute exploration, même avec un 4×4 digne de ce nom, quasiment impossible en dehors de la zone “classique” de Simenti et ses environs. La politique touristique a préféré privilégier les zones balnéaires du pays, plus accessibles (et encore plus depuis la construction d’une autoroute, d’un nouvel aéroport, de nouvelles routes bitumées), beaucoup moins éloignées (le Niokolo se situe à environ 600 kms et 8-9h de route-piste de Dakar), donc plus “bankable”.
Le braconnage a fait son œuvre, la sècheresse et la déforestation risquent de sonner le glas.
C’est un tel désastre que l’UNESCO a fini par l’inscrire sur sa liste du patrimoine mondial en péril en 2007.
Un projet de fusion avec le Parc National du Badiar en Guinée a donné naissance à une nouvelle dénomination : le complexe écologique du Niokolo Badiar.
Une mission d’inventaire de la faune a été réalisée en 2015. Ce recensement a confirmé la présence réelle du lion (qu’on croyait disparu), du léopard et d’autres espèces menacées (éland de Derby et chimpanzés), et a révélé l’existence de traces de passage d’un éléphant, rescapé miraculeux des presque 200 pachydermes qui peuplaient encore la zone il y a une quarantaine d’années. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir…
 
 
Le Parc du Niokolo Koba, c’est plus de 9 000 km² (913 000 ha) de savanes, de forêts et sous-bois, de végétations de type tropical le long du fleuve Gambie, de mares et plaines inondables, de fleuves et rivières, de rochers et de collines (dont la plus haute, le Mont Assirik, culmine à 311m). Les paysages changent radicalement entre la saison sèche et l’hivernage (saison des pluies) où les pistes du Parc deviennent alors impraticables.
 
Voici un florilège de photos récentes montrant à quoi peuvent ressembler les paysages de certaines zones et le type de pistes les sillonnant.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
gué de Damantan
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lors de ma parenthèse expatriée, j’ai découvert le Niokolo en 1994 à la fin de la saison la plus chaude et aride de l’année. Les paysages étaient beaucoup plus désolés, comme le montrent les (très vieilles) photos argentiques que j’ai numérisées ci-dessous. La végétation était cramée par le soleil et la chaleur dignes des enfers qui règnent là-bas, et par les opérations d’écobuages. Cette pratique consiste à brûler des zones broussailleuses afin de prévenir les risques d’incendies. Cela sert également à stimuler la régénération de certaines plantes en fertilisant les sols ; ainsi de l’herbe et des pousses bien vertes apparaissent, source providentielle de nourriture pour la faune herboricole.
En théorie, c’est la saison la plus propice à l’observation des animaux. D’une part, la végétation desséchée ne leur offre plus de moyens de se cacher. D’autre part, toute la faune se regroupe autour des rares derniers points d’eau persistants pour s’y abreuver.
Mais ça, c’est en théorie ! En pratique, c’est parfois autre chose.
 
(1994) marécage quasiment à sec. Les petits points au loin, ce sont des babouins allant s’abreuver.
 
 
 
 
 
 
 
(1994) famille phacochère à découvert
(1994) malgré son pelage de camouflage, ce pauvre guib harnaché a du mal à se fondre dans le décor
 
 
 
 
Cet écosystème typique de la région n’est pas très vaste mais il est suffisant pour abriter une faune plus riche qu’il n’y paraît :
 
 
 
Comme dans tout Parc, rien ne garantit de pouvoir y croiser la faune sauvage le peuplant. Il ne s’agit pas d’un zoo ou d’une “structure” assimilée (telle que la réserve de Bandia située à une soixantaine de kms de Dakar, non loin de la Petite Côte), les animaux vivent en totale liberté sans aucune interaction humaine (hormis le fléau du braconnage…). Les safaris photos peuvent donc se révéler décevants. Mais avec un bon guide, un 4×4, de la patience (et un chouïa de chance), et si, en plus, on a la possibilité de bivouaquer au cœur même du Parc, il est tout-à-fait possible d’observer beaucoup d’oiseaux et d’animaux.
 
À ce jour, j’ai fait trois expéditions là-bas. Quant à Philéas, il y est retourné à de multiples reprises, à différentes périodes, bien des années après notre retour en France.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La première fois que l’on est allés au Niokolo, c’était durant le mois de mai, la période la plus sèche donc la plus favorable. Malgré ça, on n’y a pas vu énormément d’animaux : des phacochères, des gazelles et autres antilopes, des hippopotames, des crocodiles, plusieurs espèces de singes, des pintades violettes, un groupe de vautours et d’autres oiseaux.
Ce n’était déjà pas si mal, mais ça aurait pu être probablement beaucoup mieux si on avait préparé les choses dans les règles de l’art. #LesExpatNovicesEnModeImproAuNiokolo 😬😏
 
Erreur de débutant n°1 : on n’était pas arrivés assez tôt le matin ! Le temps d’y aller par la piste depuis Tambacounda où on logeait alors, après avoir enchaîné les inévitables impondérables à la sénégalaise… On avait eu beau se lever à 5h du matin, pour le coup, ce n’était pas entièrement de notre faute mais plutôt de celle du (pseudo)guide qu’on avait embarqué avec nous. En fait, il s’agissait simplement du gardien de notre hôte qui s’était proposé de nous y accompagner, en s’autoproclamant guide pour l’occasion. Comme tout bon sénégalais qui se respecte, il n’a pu contenir son besoin impérieux et irrépressible de saluer toute âme qui vive passant à proximité du véhicule, invitant même certains à monter avec nous en voiture comme si on était un taxi-brousse. Bref, résultat des courses : arrivée à 8h à l’entrée du Niokolo (passablement énervés…). Les heures où la probabilité de croiser des animaux est élevée nous sont passées sous le nez.
 
Erreur de débutant n°2 : on était allés dans le Parc avec la Renault 4L de fonction de Philéas, véhicule totalement inadapté pour parcourir le genre de pistes bien souvent chaotiques qu’on trouve dans le Niokolo. D’ailleurs, sur la boucle d’une centaine de kms qu’on avait choisi de parcourir, on n’a pas pu s’y aventurer jusqu’au bout car vers la fin, après quelques heures de vadrouille, on s’est ensablés avant de finalement se retrouver un peu plus loin devant un énorme trou infranchissable sur une piste défoncée nous contraignant à renoncer, faire demi-tour et rebrousser chemin pour repartir.
(1994) quand des vautours t’attendent au tournant…
(1994) quand des pintades violettes surgissent à tous les coins de pistes… Très farouches, que font-elles pour s’éloigner ? Elles se mettent à courir comme des hystériques (elles semblent oublier qu’elles ont des ailes…)
 
 
 
La deuxième fois où je suis retournée au Niokolo (près de 15 ans après la première fois), c’était à la fin de la saison des pluies. Il faut reconnaître que ça change radicalement l’ambiance ! Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à comparer ces clichés pris exactement au même endroit mais à deux périodes bien différentes : il n’y a pas photo ! (ben si, il y en a 4 justement…)

ce pont suspendu (bringuebalant) au-dessus de la rivière Niokolo Koba s’est effondré quelques temps après notre passage en 2008 (je précise qu’on n’y est pour rien…). En 2014, lors de notre venue avec nos kids, il n’existait plus. Aux dernières nouvelles, il a été “reconstruit” récemment.
 
La nature était beaucoup plus belle, très verte et luxuriante, soit des cachettes parfaites pour les bestioles difficilement aperçues cette fois-là. Mais on était mieux organisés (on ne peut pas tout avoir) : véhicule 4×4 avec chauffeur et guide officiel, et surtout présence au cœur même du Parc aux premières lueurs du jour et au coucher du soleil, meilleurs moments pour avoir une chance de croiser quelques représentants de la faune locale.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
On avait bivouaqué sur place (il existe différents endroits où il est possible de camper).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce fut une première du genre pour moi et autant dire que cette nuit sous tente au beau milieu de la nature (potentiellement hostile car peuplée d’animaux sauvages plus ou moins dangereux), avec comme compagnon nocturne de camping sauvage un python royal, fut épique !
python royal en pleine sieste digestive
si j’avais su que je dormais avec ça d’étalé de tout son long contre moi…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cet épisode a été la cerise sur le gâteau. Mais les coups d’adrénaline n’ont pas manqué…
 
Dès le premier jour, alors qu’on faisait une balade en pirogue sur le fleuve Gambie pour aller observer une myriade d’oiseaux en tout genre et des varans, on s’était un peu trop approchés du territoire d’une maman hippopotame (l’animal le plus meurtrier du continent africain) qui avait mis bas récemment (autrement dit, niveau de dangerosité puissance 10 quand il s’agit de protéger sa progéniture !). Elle nous avait alors pourchassés pour nous faire fuir. C’était très impressionnant, et surtout flippant car on la voyait surgir soudainement de l’eau sans la voir s’approcher au préalable. Le piroguier a pris peur (et nous avec quand on a compris ce qu’il se passait !) et a mis les gaz à fond pour vite changer de cap et s’éloigner de la zone ! La vitesse à laquelle maman-hippo-furax nous suivait était assez hallucinante. Elle aurait très bien pu renverser la pirogue, jongler avec nos corps comme avec des pantins avant de finir par nous transformer en steaks hachés…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
varan
 
 
En fin d’après-midi, lorsque l’on était descendus jusqu’au bord de la rivière, on avait découvert dans la boue sur le rivage des traces encore fraîches d’hippopotames et de crocodiles. On avait aperçu plus tard les yeux de crocodiles dépasser de la surface de l’eau (et refléter la lumière de nos lampes torche une fois la nuit venue) à seulement quelques mètres de la rive où on se tenait.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le lendemain aux aurores, alors qu’on était partis en expédition pour le pipi du matin sans prendre la précaution de fermer la tente avec nos sacs ouverts, en une fraction de secondes on s’était fait assaillir par une bande de babouins chapardeurs qui nous avaient piqué tout ce qu’ils avaient pu prendre à la volée : paquets de lingettes, de kleenex, de biscuits (il était moins une pour qu’on ne perde nos passeports…).
 
La veille à la pause déjeuner, c’étaient des singes “verts” (petit nom local donné au singe vervet) qui nous avaient encerclés avant de nous dérober, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, toutes les bananes du pique-nique. Le hold-up fut fulgurant !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Enfin, la troisième fois et dernière fois où j’ai mis les pieds au Niokolo, c’était lorsque l’on y a embarqué nos kids. C’était quelques semaines après la fin de l’hivernage, tout était encore verdoyant, la végétation était encore assez dense, donc contexte pas super favorable à l’observation. Pourtant, c’est la fois où on a vu une quantité incroyable de bêtes en un temps record ! Comme quoi…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette expédition-là restera dans les best-of des souvenirs impérissables de nos FamilyTrip, notamment grâce à la nuit à camper avec une magnifique genette allongée sur une branche au-dessus de nos tentes, ainsi que l’ambiance nocturne mise par une hyène venue chasser et bouffer un bébé babouin tout près de notre bivouac !
 
 
 
 
 
 
 
Comme des images valent souvent bien mieux que des mots… Photos à gogo d’animaux du Niokolo !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
cobes de buffon
phacochères
grands calaos d’Abyssinie
pintades violette
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
babouin
patas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
singe “vert” (petit nom pour le singe vervet)
babouin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
lycaons

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
marabouts

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
zébus
cobes defassa
grand koba (petit nom local de l’hippotrague ou antilope cheval)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
oies-armées de Gambie et hérons cendrés
guib harnaché
guib harnaché
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
céphalophe
lycaon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
léopard recueilli bébé après la mort de sa mère, et élevé en captivité
tisserins et leurs multitudes de nids
phacochères
phacochères
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
hérons cendrés et hérons garde-bœuf
hippopotames
pluvian d’Égypte
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
termitière cathédrale
patas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
compagnon de nuit
compagnon de jour
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
déco dans un camp de gardes militaires
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jakiru

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
rollier d’Abyssinie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
croiser des animaux du côté du Niokolo, c’est possible même sur la route qui longe le Parc. C’est d’ailleurs sur cette route que des lions sont rencontrés régulièrement, au lever et au coucher du soleil, allongés sur le goudron.
 
 
 
Celui qui aime la nature, les animaux, les oiseaux, l’aventure, qui n’a pas peur d’un soleil de plomb avec des températures dignes des enfers, des trajets prenant des heures sur des routes tumultueuses, qui ne voit pas d’inconvénient au manque de confort et d’hygiène, qui cherche à fuir le tourisme de masse et surtout qui peut prendre suffisamment de temps pour vraiment explorer, alors le Niokolo Koba (et plus largement la région du Sénégal Oriental) est une destination plutôt confidentielle à envisager sérieusement !
 
 
 
 

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édition n°18 : Leurs coutumes/habitudes devenues miennes. (je n’ai pas participé à ce numéro)
édition n°17 : Qu’est-ce qu’on écoute au Sénégal ?
édition n°16 : Un mot, une expression…
édition n°15 : La cuisine…
édition n°14 : Mon intégration…
édition n°13 : Le système médical…
édition n°12 : Les rapports humains…
édition n°10 : Le corps ailleurs…
édition n°7 : Votre coin de France. (je n’ai pas participé à ce numéro)
édition n°5 : Mon ailleurs la nuit…
édition n°4 : Ma nouvelle routine…
édition n°3 : Pourquoi es-tu partie ?
 

D’autres participations abordant ce thème sont listées en fin d’article ici.

 
 
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19 Comments on “[ #HistoiresExpatriées ] La nature 🌿 au Sénégal 🇸🇳…

  1. Paysages impressionnants ! Habitant en Angleterre, je suis habituée aux paysages vert (mais alors, toutes les nuances !). Alors tout cet ocre, je trouve ça merveilleux ! Et puis ces animaux… ♥♥♥

    • Oui, les teintes ocres rendent ces paysages particuliers souvent photogéniques. Mais j’ai fini par faire une overdose de la terre et de la poussière, le vert me manquait à force 😅 ! Comme quoi, on trouve toujours que l’herbe est plus verte ailleurs 😊😉… Merci d’être passée par ici !

  2. Je suis émerveillée par les paysages, je ne connais pas du tout l’ouest de l’Afrique (en fait, je ne connais l’Afrique quasiment que par les livres) et cet article donne envie de découvrir cette nature superbe… mais aussi imprévisible et potentiellement dangereuse. 😉

    • ça me fait vraiment plaisir si je t’ai fait découvrir ce petit bout d’Afrique méconnu ! Le Niokolo est loin d’être l’endroit le plus facile d’accès au Sénégal, mais y aller n’est pas insurmontable. Il gagnerait vraiment à retrouver son “faste” d’antan. Si jamais un jour tu peux y aller, n’hésite pas 😉 ! Le Sénégal est le pays idéal en Afrique de l’Ouest pour s’initier au charme envoûtant du continent africain…

  3. Pingback: La nature et mon pays | 3 kleine grenouilles

  4. Pingback: Le Québec au gré des saisons - La Maudite Française

  5. Merci pour cet article détaillée ! ça donne vraiment envie de partir à l’exploration du Sénégal !

    • Si tu as l’opportunité d’aller au Sénégal, alors fonce, tu ne le regretteras pas !
      Et merci à toi d’avoir choisi ce thème qui m’a donné l’occasion parfaite pour parler du Niokolo Koba. Je te souhaite de pouvoir aller l’explorer un jour ;-)…

  6. Pingback: La nature au Sri Lanka et en Finlande • On my tree

  7. Les photos de 1994 ont quelque chose de vraiment chouette, les couleurs sûrement ! J’ai beaucoup aimé ton article, tu nous as offert un magnifique voyage ! Ca fait longtemps que je n’avais pas eu le temps de te lire, je découvre la nouvelle version du blog, bravo, c’est chouette. A bientôt 😀

    • Oh merci Lucie 😊. Mes vieilles photos vintage trouvent une seconde jeunesse. C’est vrai que le rendu après numérisation est pas mal finalement, ça leur donne un style particulier que j’aime bien.

      Je suis contente d’avoir pu montrer un endroit qui mériterait de sortir de sa torpeur. Écrire sur le Niokolo me trottait dans la tête depuis tellement longtemps. Ton RdV des Histoires Expatriées est définitivement un cadeau pour moi. Mille fois merci pour ça, je ne te le dirai jamais assez 🤗…

  8. Toujours un plaisir de lire tes articles qui me rappellent bien souvent des choses vécues ! Même si je n’ai jamais croisé autant d’animaux dans les endroits où je suis allée !
    (Par contre, dormir avec un serpent: NOPE, et raaaaah j’aime pas ces araignées… ^^)
    C’est quand même fou la différence en saison humide ! C’est peur être aussi plus agréable de visiter la région quand c’est vert ?

    • Tout le plaisir est pour moi Alexienne ! Parfois ça ne te manque pas Mada ?
      Durant l’hivernage, toute la Nature est débarrassée de la poussière et devient magnifique au Sénégal. Du jour au lendemain (il faut le voir pour le croire… et je n’y croyais pas une seule seconde avant de l’avoir vu de mes propres yeux !) tout se pare de vert et de l’herbe pousse partout, on dirait du gazon anglais à des endroits où ce n’était que de la savane aride. Dire que l’eau c’est la vie n’est pas un vain mot ! Le hic c’est que les pluies diluviennes rendent beaucoup d’endroits inaccessibles. C’est pour ça que le Niokolo est fermé pendant une partie de la saison des pluies. Le Parc rouvre généralement vers le mois d’octobre. A partir de là, et jusqu’en décembre, la végétation reste encore verte et abondante, la Nature est superbe. Mais du coup les animaux s’y cachent plus facilement et sont donc moins facilement observables. C’est au mois de décembre que j’ai eu le meilleur compromis Nature/animaux. C’est aussi la période la plus agréable pour visiter le Sénégal.

  9. Ton article m’a replongé quelques années auparavant lors de mon séjour entre Dakar, Thiès, Tivavouane et Bambey !
    Merci pour ce voyage !

  10. Tes articles sont toujours incroyables… c’est a chaque fois un voyage! comment tu fais pour te souvenir de tous ces détails ?

    • Quel beau compliment tu me fais Barbara ! Merci ☺️…
      Mon secret pour garder autant de souvenirs détaillés ? D’une manière générale, prendre des notes, et aussi énormément de photos et mini vidéos depuis que le numérique existe. Les conditions du voyage y font beaucoup également…
      Pour tout ce qui concerne plus précisément les histoires expatriées, ta question est celle qui revient le plus. Du coup, j’ai écrit un petit article spécialement dédié pour montrer et expliquer comment je peux me souvenir d’autant de choses d’une période aussi lointaine. Si tu veux tout savoir, c’est par là que ça se passe ➡️ Les coulisses de mes #HistoiresExpatriées… 😉

  11. Encore et toujours bravo, Angélique.
    La nouvelle présentation du blog est très agréable.
    Et le récit toujours aussi passionnant.

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