VirĂ©e(cuisson đŸŒĄïžđŸŒž) en pirogue đŸšŁđŸŒâ€ dans les bolongs avant soirĂ©e musicale đŸŽ¶ dansante đŸ’ƒđŸŒ en immersion 🇾🇳…

[…]

Le lendemain matin, nous partons pour une matinĂ©e d’excursion en pirogue, organisĂ©e, comme prĂ©vu, par RenĂ©. Au programme : exploration des bolongs et de la mangrove, visite d’une Ăźle, et escale Ă  Elinkine.

 
On se tartine de crÚme solaire car le soleil cogne déjà dur dÚs le matin.

Nous cuisons une premiĂšre fois sur le trajet nous emmenant sur une Ăźle dont je ne me souviens plus le nom.
La pirogue nous dĂ©pose sur une « plage » de gadoue gluante (car Ă  marĂ©e basse) oĂč nos tongs glissent avant d’y rester embourbĂ©es.

 

 
 
 
On accoste face Ă  un bar/restaurant dĂ©sert. Ceci dit, Ă  part nous, on ne voit pas Ăąme qui vive Ă  l’horizon…
La pirogue ne nous attend pas, elle repart Ă  vide ; on se sent soudain un peu perdu au milieu de nulle part !!! RenĂ© nous explique qu’on va la rejoindre Ă  pied de l’autre cĂŽtĂ© de l’Ăźle.
La simple idĂ©e qu’on doive marcher en plein cagnard, pendant on ne sait combien de temps ni sur combien de distance, avec une motte de boue sous chaque tong, met nos valeureux explorateurs dans un Ă©tat d’enthousiasme qu’ils ont du mal Ă  dissimuler !!!! Leurs regards assassins nous mitraillent…
Mais ils ont tellement peur de se laisser distancer et de rester seuls lĂ , qu’ils se mettent en route derriĂšre PhilĂ©as et RenĂ© sans tarder. Moi, je ferme la marche…
Nous entamons dĂšs lors notre deuxiĂšme sĂ©ance de cuisson ; nos pieds et nos orteils Ă  l’air ne vont pas Ă©chapper au coup de soleil qui nous pend au nez malgrĂ© les couches de crĂšme Ă©talĂ©es sur nos corps de toubab Ă  peine halĂ©s.
 
PremiÚre étape de cette traversée : les crocodiles ! Car depuis le matin, René nous en parle avec beaucoup de mystÚre, et nous ne savons pas réellement à quoi nous attendre. Je ne suis pas franchement rassurée, mais il ne faut pas que ça se voit pour ne pas affoler encore un peu plus nos loustics.
Le soulagement m’envahit lorsque nous y arrivons : lĂ , Ă  l’ombre d’un arbre, un tas de petits crocodiles sont agglutinĂ©s les uns sur les autres au fond d’une cuve en rĂ©sine Ă  moitiĂ© cuite par la chaleur. Quand on pense Ă  la puissance d’un coup de queue de crocodile, mĂȘme petit, on frissonne Ă  l’idĂ©e que la paroi de leur grosse bassine ne puisse ĂȘtre pulvĂ©risĂ©e en une fraction de seconde…

 

Je n’ai pas exactement compris le pourquoi du comment de cette affaire. Les petits crocodiles sont pĂȘchĂ©s dans les bolongs, mis lĂ  pour les nourrir et les faire grandir, avant de les relĂącher dans la mangrove. Je suppose que le but du jeu est le repeuplement de la zone dans un souci de prĂ©servation de l’Ă©cosystĂšme local.

 

Bon, je n’ai pas rĂ©ussi non plus Ă  savoir (ou Ă  comprendre) comment, une fois les crocodiles devenus adultes, ils sont attrapĂ©s pour ĂȘtre sortis de leur baignoire devenue trop Ă©troite, puis amenĂ©s jusqu’Ă  la rive (Ă  quelques centaines de mĂštres de lĂ  tout de mĂȘme…) pour ĂȘtre remis Ă  l’eau et ainsi leur rendre leur libertĂ©, et tout ça, sans qu’ils bouffent quelqu’un pendant le transfert !!!
 
AprĂšs ce moment « sensation forte », nous reprenons notre balade par 35° Ă  l’ombre, et dans un Ă©tat de vigilance extrĂȘme : Estelle, Anthony et moi craignons qu’un crocodile ne se soit Ă©chappĂ© de l’enclos de fortune… Aucune envie de se retrouver nez-Ă -nez avec la bĂȘte sur le chemin !
 
Nous traversons successivement des concessions familiales pittoresques oĂč la vie s’Ă©coule lentement.

 

Chaque cour est peuplĂ©e de poules rachitiques et partiellement dĂ©plumĂ©es et de cochons noirs et maigrichons (oui, oui, des cochons car la Casamance est la seule rĂ©gion SĂ©nĂ©galaise Ă  prĂ©dominance catholique) qui labourent le sable de leur groin Ă  la recherche de quelque chose Ă  se mettre sous la dent. Des enfants jouent, jusqu’Ă  ce qu’ils nous aperçoivent arriver et qu’ils courent hystĂ©riquement vers nous pour nous demander des bonbons…… seul mot français qu’ils connaissent !!! On sent que du touriste est dĂ©jĂ  passĂ© par lĂ …

 

Un peu plus loin, les femmes font leur lessive prĂšs du puits communautaire de l’Ăźle.  

 
Dans un autre hameau, nous observons une parfaite illustration de l’inimitable systĂšme D africain. Ces villageois n’ont pas d’eau courante, mais ils ont des idĂ©es : comment avoir de la pression pour utiliser un tuyau ? Facile : installer un rĂ©servoir d’eau en haut d’un baobab.

 
Autre exemple de systĂšme D : ce monticule blanchĂątre (Ă  l’odeur puissante). Qu’est-ce que ça peut bien ĂȘtre ? Une dĂ©chetterie sauvage ?
Pas du tout ! Il s’agit de coquilles d’huĂźtres de palĂ©tuviers stockĂ©es lĂ  volontairement.
Elles deviendront de la chaux qui sera utilisée comme matériaux de construction.

« Rien ne se perd, tout se recycle« .

Quant aux huĂźtres elles-mĂȘmes, elles seront vendues dĂ©cortiquĂ©es et en sachets (comme les cacahuĂštes et les noix de cajou) au bord des routes par les vendeuses/ravitailleuses ambulantes. En cas de dĂ©gustation, choc olfactif garanti Ă  l’ouverture du sachet…. caca mou aussi !!!
 
 
 
Notre balade continue ainsi, de concession familiale en concession familiale. Le tĂ©lĂ©phone portable de RenĂ© n’arrĂȘte pas de sonner, nous rappelant le paradoxe du contexte : pas d’eau courante et un seul puits pour toute l’Ăźle, pas d’Ă©lectricitĂ©, pas de quoi se soigner, Ă  peine de quoi se nourrir, mais des antennes relais Ă  peu prĂšs partout pour satisfaire les besoins des accrocs Ă  la tĂ©lĂ©phonie mobile que sont devenus les sĂ©nĂ©galais… On se demande toujours comment ils font pour s’acheter des cartes prĂ©payĂ©es (en vente absolument partout par les commerçants ambulants. Aucun risque de manquer d’unitĂ©s)…. Cette culture du « paraĂźtre » est toujours aussi dĂ©routante.
 
Apparemment, RenĂ© connait tout le monde sur l’Ăźle, c’est dingue. Il veut aller saluer la moindre personne que l’on croise. On a mĂȘme carrĂ©ment fait un dĂ©tour pour aller s’incruster chez une Dame (sa grande amie…). Grand moment de solitude Ă  notre arrivĂ©e dans la « maison » oĂč des chĂšvres -et autres bestiaux domestiques- nous accueillent : on dĂ©barque Ă  l’improviste, comme quatre cheveux dans le ThiĂ©boudiĂšne (plat national sĂ©nĂ©galais). La Dame, aussi embarrassĂ©e que nous, secoue les enfants qu’elle a dans les environs pour nous chercher (en vain) des chaises. Elle nous propose ensuite de nous faire du NescafĂ©, mais nous refusons poliment par peur de l’eau du puits qui ne manquera pas de nous intoxiquer… Nos systĂšmes digestifs ne le supporteraient pas, et ce n’est ni le moment ni le lieu pour se choper une chiasse carabinĂ©e fulgurante  !!!
La visite a semblĂ© durer une Ă©ternitĂ© tellement on Ă©tait mal Ă  l’aise. On ne savait pas quoi dire, et puis de toute façon, personne ne parlait français Ă  part RenĂ©.
Estelle (ne pouvant s’enfuir ni disparaĂźtre) se cachait tant bien que mal derriĂšre ses lunettes de soleil (et accessoirement sa mĂšre). Pendant ce temps, Anthony faisait son curieux en jetant un coup d’Ɠil Ă©berluĂ© dans chaque piĂšce, dont une « chambre » dĂ©diĂ©e aux seuls bestiaux. Vu l’Ă©tat des lieux (totalement normal pour ici), il pensait que la maison Ă©tait encore en construction… Et pourtant non, ici, lorsqu’une famille a l’opportunitĂ© d’avoir une « maison en dur », la construction s’achĂšve inĂ©vitablement au gros Ɠuvre !!!

 

RenĂ© a finalement conclu les affaires qu’il avait Ă  faire avec cette mystĂ©rieuse Dame. Et nous sommes repartis en direction de l’autre rive oĂč nous attendait la pirogue.
 
Au passage, nous avons pu observer un arbre sacrĂ© servant aux pratiques rituelles animistes locales. Au pied de l’arbre, je remarque avec un frisson qu’il n’y a pas que des squelettes de tĂȘtes de bovidĂ©s… Je ne me risque mĂȘme pas Ă  poser la moindre question Ă  ce sujet ! Je prĂ©fĂšre ne pas savoir.
 
 
Nous atteignons enfin le rivage. La pirogue est lĂ  : OUF !!!

 

 
Manifestement, le tenancier du bar situĂ© sur cette « plage » est aussi fabricant de briques ! Il faut reconnaĂźtre que ce n’est pas la frĂ©quentation touristique (quasi nulle) qui suffit Ă  le faire vivre…

 

 
 
 
 
Nous rembarquons dans la pirogue et poursuivons notre excursion au fil de l’eau.
Nous reprenons nos observations ornithologiques : les oiseaux, ce n’est pas ce qu’il manque dans la mangrove !!! D’autant plus qu’on est en pleine saison migratoire.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Tout d’un coup, RenĂ© nous demande de mettre des gilets de sauvetages afin d’ĂȘtre « en rĂšgle » lorsque nous devrons nous arrĂȘter au checkpoint maritime  pour prĂ©senter nos passeports aux militaires en faction, mitraillette en bandouliĂšre… Dans cette zone, il y a beaucoup de contrebande…

 
Nous avons bien ri quand RenĂ© nous a distribuĂ© les gilets : leur port nous met en « sĂ©curitĂ© rĂ©glementaire », certes, mais pas en sĂ©curitĂ© tout court ! Celui qu’enfile Anthony au dĂ©part de l’action n’a plus de flotteurs depuis belle lurette et ne servirait donc strictement Ă  rien en cas de naufrage !!!

 
Une fois le checkpoint passé sans encombre, nous arrivons à notre escale suivante : le village de ELINKINE.

 
A peine un pied posé sur la rive des embarcadÚres que nous sommes assaillis par une meute de marchands ambulants. Estelle et Anthony se décomposent instantanément.
 
Nous allons visiter ce village de pĂȘcheurs Ă  pied. Je prends alors conscience qu’il va falloir supporter ces bana-banas pendant toute la visite, et ça me met en joie Ă  mon tour…

 

 
 
Nous voilà plongés en immersion, empruntant des ruelles étroites et peu ragoutantes. Nous suivons de trÚs prÚs René, comme des poussins apeurés colleraient le train de leur poule de mÚre !
 
 
 
 
AprĂšs avoir traversĂ© ce dĂ©dale insalubre, toujours chaussĂ©s de nos tongs (Ă  ce stade de l’aventure, l’Ă©tat de nos pieds devient indescriptible… la septicĂ©mie nous pend aux orteils !!!), nous arrivons Ă  l’immense sĂ©choir aux poissons.
Alors lĂ ….. eeuuuuh………. comment dĂ©crire des odeurs qu’on ne peut pas partager par Ă©crit avec des mots….. Pour rĂ©sumer et faire court, disons simplement que l’expĂ©rience olfactive a Ă©tĂ© plutĂŽt violente ! Estelle a failli nous faire un malaise au beau milieu du rayon « requins marteaux en cours de dĂ©shydratation au soleil »….
Mais quels doux fumets fétides, mais quelles merveilleuses senteurs pestilentielles !

 
 
 
 
L’odeur ambiante finit par anesthĂ©sier la faim nous tiraillant l’estomac. Sans compter que le soleil est au zĂ©nith, il fait trĂšs chaud, nous avons trĂšs soif, et nous sentons que si nous n’abrĂ©geons pas cette traversĂ©e du sĂ©choir, nous allons finir Ă  notre tour sur un des Ă©tals, aussi lyophilisĂ©s que ces milliers de poissons.
 
RenĂ©, bien que toujours pendu Ă  son tĂ©lĂ©phone (j’en viens Ă  me demander combien de temps va tenir sa batterie…. faudrait pas avoir besoin d’appeler les secours…), remarque que nous faiblissons dangereusement.

 

Il nous emmĂšne alors Ă  un bar au bord de l’eau pour que l’on puisse reprendre nos esprits et se dĂ©saltĂ©rer Ă  l’ombre d’une paillote.

Quelle n’est pas notre surprise quand nous constatons que, lĂ  aussi, il y a des crocodiles en guise d’animaux de compagnie !!!
Les croco prennent leur bain de soleil tranquillement, dans un enclos Ă  cĂŽtĂ© de nous, avec pour seule sĂ©curitĂ© une murette… Heureusement que ça ne saute pas ces bestioles-lĂ  !!!

 

L’heure tourne, il nous faut repartir. Comme nous sommes quand mĂȘme un peu fatiguĂ©s malgrĂ© cette petite pause, RenĂ© tĂ©lĂ©phone (chouette, il a encore de la batterie) au piroguier pour qu’il vienne nous rĂ©cupĂ©rer directement au bar.

 

 
 
Nous n’aurons pas Ă  retourner jusqu’Ă  l’embarcadĂšre Ă  pied. Le soulagement de nos petits aventuriers est palpable et se voit Ă  l’Ɠil nu !!! Ils ne rechignent mĂȘme plus lorsque je leur demande de prendre une petite photo avec eux avant de monter dans la pirogue.

 

 

La pirogue a Ă  peine le temps de s’approcher du rivage qu’Anthony y saute dedans. Il faut dire que pour le « rĂ©conforter » un peu, RenĂ© lui a promis de lui sortir sa canne Ă  pĂȘche sur le chemin du retour. Anthony attend donc ça avec impatience !!! 

Et c’est reparti pour une nouvelle sĂ©ance de cuisson : Estelle et PhilĂ©as commencent Ă  virer au rose fuchsia. L’ambre solaire « écran total » semble impuissante.
 
En se rinçant les tongs dans le fleuve avant de monter dans la pirogue, nous nous rendons compte que nos pieds ont pris un bon coup de soleil. Ils sont tellement crades, couverts de gadoue et panĂ©s de poussiĂšres que nous avons carrĂ©ment oubliĂ© de les tartiner de crĂšme solaire… Grave erreur !!!
 
 
Sur le chemin du retour, notre derniĂšre petite virĂ©e de la matinĂ©e a Ă©tĂ© un peu insolite. Le but du jeu : passer en pirogue dans un « tunnel » vĂ©gĂ©tal sans s’Ă©chouer ni rester coincĂ©s dans les nƓuds de racines de palĂ©tuviers ! Petit extrait d’un passage oĂč j’ai pu sortir la tĂȘte du fond de la pirogue pour pouvoir filmer…
 
 

 

C’Ă©tait trĂšs chouette, mais je dois avouer qu’Ă  un moment je n’ai pas pu m’empĂȘcher d’imaginer la galĂšre : rester planter dans cette jungle sur eau, sans moyen d’appeler les secours car plus de batterie au tĂ©lĂ©phone de RenĂ©…
 
On est revenu sur la terre ferme un peu(beaucoup) vannĂ©, et pourtant cette journĂ©e Ă©tait trĂšs loin d’ĂȘtre terminĂ©e…

D’abord, retour au campement pour enfiler nos maillots.
Ensuite, direction la plage pour notre avant-dernier repas les pieds dans le sable Ă  La Paillote.
Et puis grand concours de farniente le reste de l’aprĂšs-midi, histoire de reprendre un peu des forces pour notre derniĂšre soirĂ©e Ă  Cap Skirring… PhilĂ©as a Ă©tĂ© l’indĂ©trĂŽnable grand vainqueur de l’Ă©preuve « sieste sur le transat Ă  l’ombre des filaos et des cocotiers » !!! On ne pourra jamais lutter, il est trop fort dans cette discipline…

Nous rentrons au campement en profitant du dernier coucher de soleil que nous verrons ici.
Nous nous préparons pour la soirée que René a spécialement organisée pour nous dans son restaurant « La Carpe Rouge ».
Nous nous y rendons en taxi cette fois, car nous sommes vraiment tous trĂšs fatiguĂ©s pour marcher jusqu’en ville.
Nous retrouvons donc RenĂ©, toujours pendu Ă  son tĂ©lĂ©phone ! Il nous installe Ă  notre table : l’interminable soirĂ©e peut commencer…
 
Trois musiciens dĂ©barquent peu aprĂšs nous, avec leur instruments (des djembĂ©s et une Ă©norme kora) et leur matĂ©riel de sono (il y a de l’Ă©lectricitĂ© ce soir, on est sauvĂ©….. ou pas !). Ils sont suivis par trois danseuses bien « dotĂ©es » (= trĂšs fessues !) qui commencent Ă  se changer de tenue carrĂ©ment sur le trottoir.
Dans la rue, les badauds sont attirĂ©s par le manĂšge des prĂ©paratifs du groupe qui va se produire pour nous. « Pour vivre heureux, vivons cachĂ©s »…. lĂ , c’est complĂštement ratĂ© ! On se sent comme l’attraction toubab de la foire locale !!!
Entre les gens qui s’agglutinent sur le trottoir (on se sent quand mĂȘme totalement cernĂ©s…) et la chaleur suffocante qu’il fait dans le resto malgrĂ© les ventilos qui brassent Ă  fond l’air bouillant et nous dessĂšchent Ă  grande vitesse, Estelle et Anthony commencent Ă  se sentir mal.
De son cÎté, Philéas se sent de plus en plus épuisé, mais il est comme un coq en pùte dans cette ambiance, alors il préfÚre se laisser aller en buvant des biÚres Gazelle XXL.
Et moi, je commence Ă  tomber des gouttes, pas seulement Ă  cause de la chaleur, mais surtout parce que je sens subitement que mes boyaux me lancent des prĂ©avis de mutinerie interne… Je prĂ©fĂšre avaler illico presto une dose d’Imodium en guise d’apĂ©ritif, car les toilettes de RenĂ© ne sont pas opĂ©rationnelles, je n’ai presque plus de kleenex dans mon sac, et puis de toute façon je n’ai aucune envie de vivre une aventure gastro-entĂ©rique extrĂȘme ici et maintenant !!!
Les musiciens sont en place, les danseuses sont prĂȘtes : c’est parti pour la dĂ©monstration de musiques et danses traditionnelles.

 

 

 

AprĂšs le premier choc de la dĂ©couverte, nos tympans finissent par se rĂ©signer aux sonoritĂ©s « exotiques » et monotones qu’ils vont devoir subir durant des heures… On s’imaginait(espĂ©rait) des musiques plus « entraĂźnantes », plus « punchy », plus festives, mais c’Ă©tait toujours sur le mĂȘme rythme mollasson et larmoyant, avec le son vraiment trĂšs particulier de la kora, et accompagnĂ© des braillements d’un des musiciens en guise de chants, et des cris stridents poussĂ©s par les danseuses pour faire le cƓur vocal.
Les danseuses s’agitent devant nous pour attirer notre attention. Ce qui n’est pas trĂšs compliquĂ© vu comme elles sont collĂ©es Ă  notre table : on aurait voulu regarder autre chose qu’on n’aurait pas pu de toute façon. Et Ă©videmment, ce que je craignais est arrivĂ© : elles viennent nous chercher pour danser avec elles !!! L’une d’elle va direct vers Estelle qui refuse l’invitation d’une maniĂšre presque agressive. La danseuse recule, visiblement vexĂ©e ; en rĂ©alitĂ©, Estelle est submergĂ©e par la peur et fond en larmes sur sa chaise. Le malaise s’installe, et je dĂ©cide de faire diversion en me levant de moi-mĂȘme pour rejoindre les filles. Une fois de plus, heureusement que le ridicule ne tue pas…. Car j’ai dĂ» donner de ma personne en dansant une bonne partie de la soirĂ©e avec la troupe !
Il y avait de plus en plus de monde qui s’arrĂȘtait pour observer ce qui se passait dans le resto. Je ne savais plus oĂč me mettre, mais bon, il fallait que l’attention ne se porte plus sur Estelle et Anthony qui n’en pouvaient plus et le faisaient clairement sentir…
Bon, voici quelques secondes de mon humiliation publique, avec la danse du ventilateur (que je maßtrisais beaucoup mieux lorsque je vivais au Sénégal) : vous avez le droit de rire, mais pas de vous moquer !

 

 

 

Les heures sont passĂ©es, et Ă  bout de force (la danse a fini de m’achever…), nous avons fini par rĂ©ussir Ă  convaincre PhilĂ©as de rentrer se coucher.
MalgrĂ© toute cette activitĂ© physique, mes intestins ont miraculeusement tenu bon jusqu’au retour au campement tard dans la soirĂ©e. Mais la dĂ©cence m’interdit de dĂ©crire la scĂšne de dĂ©livrance et de soulagement en arrivant Ă  la salle de bain… C’Ă©tait moins une !!!

 

[…]

 
 
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rĂ©cit complet de l’intĂ©gralitĂ© de notre aventure 
Ă  lire (et regarder) en cliquant ici

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