Am(e)sterdam đŸšČ đŸŒ· 🚬🌿 🔞 (Pays-Bas) đŸ‡łđŸ‡±

 

Il y a des endroits comme ça oĂč je n’aurais pas spontanĂ©ment envisagĂ© d’y aller. Et puis il y a le destin qui en dĂ©cide autrement…

C’est (encore) l’histoire d’une aventure de quinze jours qui a dĂ» ĂȘtre annulĂ©e en catastrophe et qui s’est transformĂ©e (faute de mieux et en dĂ©sespoir de cause) en trois petits jours improvisĂ©s. L’unique objectif de ce plan B de PhilĂ©as Ă©tait clair : partir se dĂ©tendre ailleurs pour digĂ©rer ce Ă©niĂšme coup du sort. C’est comme ça qu’un beau jour, on s’est retrouvĂ©s dans un avion đŸ›«, direction l’une des quelques destinations directes proposĂ©es par l’aĂ©roport du coin. Faute de grives, on mange des merles…

Moi, comme d’habitude, j’ai suivi PhilĂ©as les yeux fermĂ©s.

 

đŸŽ¶đŸŽ” Amsterdam, pic et pic et colĂ©gram, bour et bour et ratatam, Amsterdam đŸŽ¶đŸŽ”

 

D’Amsterdam, je n’en connaissais absolument rien, mis Ă  part Schiphol, son tentaculaire aĂ©roport (une usine Ă  gaz oĂč mĂȘme une chatte y perdrait ses petits), oĂč nous avions transitĂ©, en famille, en courant comme des tarĂ©s pour rĂ©ussir Ă  choper notre correspondance (in-extremis, l’embarquement touchait Ă  sa fin) pour le Kenya (et franchement, ça aurait dommage de rater l’avion tellement ce voyage Ă©tait chouette).

D’Amsterdam, je n’en savais pas grand-chose, si ce n’est qu’elle est surnommĂ©e la “Venise du nord” đŸ€” #FakeNews, que c’est la ville des vĂ©los đŸšČ, des tulipes đŸŒ·, des mƓurs libĂ©rĂ©s 🔞 et des pratiques tolĂ©rĂ©es 🚬🌿, et que Jacques BREL a chantĂ© đŸ—ŁïžđŸ“ą son port (en roulant exagĂ©rĂ©ment les R).

 

Bref, je n’attendais rien de prĂ©cis d’Amsterdam. Alors c’Ă©tait l’occasion de plonger dans l’inconnu pour dĂ©couvrir son Ăąme.

le drapeau d’Amsterdam

 

⊕⊗⊕⊗⊕⊗⊕⊗

 

Jour 0 | « Non mais j’hallucine, oĂč ai-je atterri ?!?! »

L’arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Schiphol (situĂ© 5 mĂštres au-dessous du niveau de la mer) en fin d’aprĂšs-midi se dĂ©roule les doigts dans le nez cette fois-ci. En un rien de temps, et avec une facilitĂ© dĂ©concertante (exorcisant la prĂ©cĂ©dente expĂ©rience), on se retrouve sur un quai de gare Ă  attendre (Ă  peine une poignĂ©e de minutes) un train nous emmenant Ă  Centraal Station en moins d’une demi-heure.

Pendant le trajet, je fais quelques rapides constatations.

La premiĂšre est auditive : on ne va strictement rien comprendre Ă  la langue locale qui ne semble faite que de bruits gutturaux bizarres surgis du plus profond du gosier des autochtones. Comment font-ils pour Ă©mettre de tels sons avec leur bouche ? J’ai eu beau tendre l’oreille tant que j’ai pu, je n’ai jamais rĂ©ussi Ă  identifier autres choses que des bruits de “claquements” de gorge et de glotte (comme si les mots se coinçaient dans la bouche, rebondissaient sur les dents avant d’ĂȘtre “broyĂ©s” puis expulsĂ©s par un petit “crachement” d’air). Quant Ă  PhilĂ©as, qui a toujours fait un blocage pathologique avec les langues Ă©trangĂšres (pour schĂ©matiser, il ne parle couramment que le biterrois LV1 et le français LV2), le fait d’entendre parler hollandais lui a soudainement fait remonter de lointaines rĂ©miniscences de vocabulaire germanophone scolaire, Ă  tel point qu’il a dĂ©crĂ©tĂ©, fier et sĂ»r de lui : « en fait, le nĂ©erlandais, c’est juste une sorte de mĂ©lange improbable entre de l’allemand et de l’anglais ! ». Oui… merci pour ce pertinent diagnostic linguistique, mais concrĂštement ça ne va pas beaucoup nous aider (surtout moi qui ai fait espagnol en LV2)

La seconde est visuelle : on va aussi un peu galĂ©rer pour dĂ©chiffrer ce qui est Ă©crit sur les panneaux ! Non mais quelle est donc cette langue Ă©trange qui a des noms de lieux longs comme le bras (il paraĂźt que les mots sont collĂ©s entre eux pour n’en faire plus qu’un !?!?) et qui, comme si ça ne suffisait pas, dĂ©double ses lettres (surtout les voyelles) ? (ça doit ĂȘtre vachement pratique de remplir des formulaires aux Pays-Bas… DĂ©jĂ  que gĂ©nĂ©ralement il n’y a jamais assez de place ou de cases pour Ă©crire !). Chercher sur le plan, et ensuite nous guider dans la ville, s’est transformĂ© en dĂ©fi pour moi car je n’arrivais pas Ă  retenir les endroits. (oui, je suis une fille et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraĂźtre, c’est moi qui ai le sens de l’orientation. PhilĂ©as est incapable de trouver son chemin et compte sur moi quand je l’accompagne. D’ailleurs, il dit toujours que j’ai un GPS greffĂ© dans la tĂȘte.)
Petit exemple de mes intenses cogitations de gĂ©olocalisation (rien ne vaut un bon vieux plan “papier” Ă  mes yeux. Je laisse les applis sur smartphone Ă  PhilĂ©as qui, mĂȘme avec ça, rĂ©ussit parfois l’exploit de se perdre…) :
« Bon, pas de panique ! Ce n’est pas si compliquĂ©, aprĂšs tout on a le mĂȘme alphabet ! Donc en sortant de centraal station, il faut se diriger vers Sint-Nicolaaskerk, puis suivre
Prins Hendrikkade, passer devant un truc non identifiĂ© qui s’appelle Schreierstoren, ne surtout pas tourner Ă  droite sur Geldersekade mais continuer sur Prins Hendrikkade. On doit passer devant un autre truc mystĂ©rieux s’appelant Scheepvaarthuis et puis l’hĂŽtel n’est pas loin aprĂšs…». (Non mais Ă  tes souhaits quoi ! Je suis incapable de prononcer un traitre mot. Au scrabble, ça exploserait le score !).

 
ArrivĂ©s Ă  destination, on s’empresse de sortir de la gare et lĂ , on dĂ©couvre avec stupĂ©faction ce qui restera la premiĂšre vision qu’on a d’Amsterdam :
 
 
« Ah oui quand mĂȘme… Effectivement, ça ne manque pas de vĂ©los ici ! ».
 
On a traversĂ© une vĂ©ritable forĂȘt de bicyclettes (ça se passe comment pour rĂ©cupĂ©rer sa bĂ©cane une fois qu’on a rĂ©ussi l’exploit de la retrouver ? Comme au mikado ?) avant de voir autre chose que des selles et des guidons (dont certains sans poignets de frein ?!?! Cette Ă©trange Ă©nigme a Ă©tĂ© rĂ©solue le deuxiĂšme jour… Le suspense est Ă  son comble !) : un grand ciel bleu ensoleillĂ© (clichĂ© “il pleut tout le temps” dĂ©menti) et l’architecture typique (Ă  laquelle on n’est pas du tout habituĂ©s en tant que sudistes pour qui au-delĂ  de Montpellier, c’est dĂ©jĂ  le grand Nord).

 
On a rejoint Ă  pied l’hĂŽtel (mon GPS greffĂ© dans la tĂȘte ne m’a pas lĂąchĂ©), enchantĂ©s de cette arrivĂ©e sans fautes.
En revanche, cette premiĂšre petite balade citadine n’a pas Ă©tĂ© de tout repos… On ne connaissait rien aux us et coutumes routiĂšres locales, et on ne s’y attendait absolument pas. Quel choc ! Une invasion de vĂ©los, absolument partout et dans tous les sens, avec parfois leurs usagers en train d’utiliser leur smartphone avec les deux mains, pĂ©dalant sans daigner regarder devant eux (!!!) et roulant pourtant Ă  vive allure, tels des robots en mode pilotage automatique, sur un labyrinthe de pistes cyclables savamment mĂȘlĂ©es aux rails des trams et aux voies de circulation. De quoi me faire sursauter tous les dix mĂštres Ă  chaque fois qu’un cycliste nous frĂŽlait ou nous alertait de coups de sonnette parce qu’on marchait sur leur voie (alors qu’on pensait ĂȘtre sur une voie piĂ©tonne). J’ai vĂ©cu chaque traversĂ©e de passage piĂ©ton comme une aventure de l’extrĂȘme 😅 ! Et je ne parle mĂȘme pas de la quantitĂ© impressionnante de voitures Ă©lectriques se dĂ©plaçant sans bruit de moteur (et sur le capot desquelles j’ai failli me retrouver les quatre fers en l’air plus d’une fois). J’Ă©tais en Ă©tat d’alerte maximum, regardant frĂ©nĂ©tiquement autour de moi, les tempes en sueur et le cƓur frisant la tachycardie. Je n’aurais jamais cru avoir besoin d’un temps d’adaptation dans une capitale europĂ©enne…
 
Impatients de risquer de se faire renverser dans partir explorer les rues d’Amsterdam, on a pris possession de notre chambre pour y laisser nos affaires puis on est aussitĂŽt repartis en balade en ville, tous les sens en Ă©veil.
 
 
Objectif numĂ©ro un : se rapprocher du Centre pour y manger car on a l’estomac dans les talons.
Sauf que tout ne s’est pas tout-Ă -fait dĂ©roulĂ© comme on imaginait.
Plus on avance et plus on constate que les restaurants sont bondĂ©s. « C’est trĂšs vivant ici, c’est cool ! ». Bon, comme on n’avait rien repĂ©rĂ© avant de venir, pour le premier soir on a voulu jouer la carte “valeur sĂ»re” en ciblant les restos italiens. Sauf qu’on va rapidement dĂ©chanter car, sans rĂ©servation, ça semble mission impossible. On se fait refouler de partout. Ils sont tous complets, ou alors il faut minimum une demi-heure d’attente pour espĂ©rer manger au second service. « Second service ? Mais il est Ă  peine 20h ? Et moi qui croyais naĂŻvement qu’Amsterdam Ă©tait une ville trĂšs touristique… ». J’ai cru avoir mal compris, mais non. C’est ainsi qu’on a dĂ©couvert qu’en Hollande, on mange comme les poules autres anglo-saxons, vers 18h et sur rĂ©servation. Et si jamais te vient l’envie saugrenue de vouloir le prendre cool, improviser une virĂ©e au resto et t’y pointer la fleur au fusil aprĂšs 20h30, sache que tes chances d’ĂȘtre acceptĂ© dans un Ă©tablissement (autre que fast-food, on fuit ce genre d’endroits, on a passĂ© l’Ăąge) se rĂ©duisent comme peau de chagrin… (ça m’a d’ailleurs rappelĂ© des vacances familiales en Bretagne oĂč, un soir en plein mois d’aoĂ»t, dans une station balnĂ©aire, aucune crĂȘperie n’avait voulu nous servir, mĂȘme pas seulement quatre crĂȘpes sucrĂ©es pour que ça leur soit moins long Ă  prĂ©parer…)
LĂ  oĂč on a finalement pu manger in-extremis, tous les gens qui arrivaient sans rĂ©servation vers 21h ont Ă©tĂ© refusĂ©s systĂ©matiquement pour cause de service terminĂ©…
On a compris que pour les autres soirs, il faudrait s’y prendre plus tĂŽt pour improviser !
 
Bref, sur un petit coup de bluff de PhilĂ©as (qui n’a pas besoin de faire semblant de ne pas comprendre ce qu’on lui rĂ©pond dans une langue Ă©trangĂšre Ă©tant donnĂ© qu’il ne capte rien de toute façon), on a rĂ©ussi Ă  s’incruster Ă  la derniĂšre minuscule table de libre dans un petit resto italien (le “Gusto“, il porte bien son nom). Et comme on a bien fait ! On a pris un plat ayant beaucoup de succĂšs manifestement (probablement la spĂ©cialitĂ© de l’Ă©tablissement) et dont la prĂ©paration est pour le moins originale. Pourtant grande mangeuse de pasta devant l’Ă©ternel (mes racines italiennes dominent nettement mes gĂšnes “goĂ»ts culinaires”), je n’avais encore jamais vu des spaghettis prĂ©parĂ©s de cette maniĂšre. Ils arrivent cuits al dente avec une sauce tomates puis ils sont versĂ©s dans une meule de parmesan creusĂ©e dans laquelle les pĂątes s’imprĂšgnent de copeaux de fromage grattĂ©s, avant d’ĂȘtre flambĂ©s directement lĂ -dedans (avec je-ne-sais quel alcool). C’Ă©tait surprenant et vraiment trĂšs bon !
 
 
 
Pour terminer cette soirée, on a repris la balade en sillonnant les rues environnantes au hasard. Et là, ce fut un nouveau choc pour moi
J’ai dĂ©couvert tout un univers qui m’Ă©tait jusqu’alors complĂštement inconnu… (non non, je ne vis pas au fond d’une caverne. Je ne sais pas pourquoi mais je pensais que ça n’existait en vrai, comme Ă  ce niveau-lĂ , que dans les films). On s’est retrouvĂ©s devant un pub dont le nom de l’enseigne annonçait la couleur !
 
 
Enfin… la couleur… le thĂšme du coin plutĂŽt car la couleur, elle, c’est le rouge, du nom du quartier dans lequel on a dĂ©barquĂ©s.
Alors, pour tous ceux qui, comme moi avant cette plongĂ©e mĂ©morable, n’ont jamais entendu parler du (pourtant cĂ©lĂšbre) sulfureux quartier rouge d’Amsterdam, voici quelques photos donnant des indices de quel genre de lieu (tristement) emblĂ©matique il s’agit…
#EnjoyPoeticPictures
 
 
Dans les rues de ce quartier, en plus des innombrables pubs, coffee shop, sexshop, et autres supĂ©rettes de produits “alcool, sexe & drogue”, d’insolites musĂ©es (de l’Ă©rotisme, du cannabis, de la marijuana), et des salles de spectacles vivants oĂč se joue du porno en direct-live-sans-trucage-ni-simulation sous vos yeux Ă©bahis, il y a un nombre incalculable de vitrines dans lesquelles s’exposent des travailleuses du sexe vendant (et vantant trĂšs explicitement) leurs prestations… Quand le rideau est tirĂ© c’est que ça bosse dur dans la cabine derriĂšre…
 
Je suis rentrĂ©e Ă  l’hĂŽtel avec un sentiment mitigĂ©, Ă  la fois de dĂ©goĂ»t et de pitiĂ©. PhilĂ©as avait dĂ©jĂ  vu ça en Allemagne donc ça ne l’a pas surpris, mais moi c’Ă©tait la premiĂšre fois et j’Ă©tais vraiment trĂšs trĂšs trĂšs mal Ă  l’aise. Pas tant par le racolage Ă  proprement parler (et ce mĂȘme si le chaland est accompagnĂ© de sa douce moitiĂ©) que par la tolĂ©rance (libertine ? Libertaire ?) ostensiblement affichĂ©e et assumĂ©e vis-Ă -vis du tourisme sexuel (pratique lĂ©gale et encadrĂ©e aux Pays-Bas. Les prostituĂ©es sont dĂ©clarĂ©es et Ă  leur compte, donc officiellement sans “maquereau”, payent des impĂŽts et taxes comme tout autre professionnel, et sont inscrites Ă  la Chambre de Commerce pour pouvoir louer leur local d’activitĂ©. Toutefois, aux derniĂšres nouvelles, la Mairie d’Amsterdam semblerait vouloir faire Ă©voluer les choses.), et par l’Ăąge que semblaient avoir certaines femmes (qui auraient pu ĂȘtre ma propre fille)
Alors que ceux qui vont lĂ -bas pour s’Ă©clater considĂšrent le quartier rouge d’Amsterdam comme un vĂ©ritable paradis, moi j’ai perçu le phĂ©nomĂšne comme le temple de la misĂšre de la race humaine.
 
AprĂšs ces premiĂšres heures passĂ©es Ă  Amsterdam, je me suis (difficilement) endormie quelque peu hallucinĂ©e, en ressassant tout ça, en me demandant sur quelle planĂšte je venais d’atterrir et, surtout, si je devais tirer des conclusions hĂątives du lieu pour la suite de notre escapade…
#LaNuitPorteConseil
 
 
 
 

Jour 1 | #LesClichĂ©sAurontToujoursLaVieDure…

 
Le lendemain matin, je me rĂ©veille avec la ferme intention de ne pas m’enfermer dans des prĂ©jugĂ©s et autres clichĂ©s. Je dĂ©cide de laisser une chance Ă  la ville de capter mon intĂ©rĂȘt et piquer ma curiositĂ©. AprĂšs tout, Amsterdam ne peut tout de mĂȘme pas ĂȘtre rĂ©duite Ă  son seul quartier rouge (tout comme Paris ne se rĂ©sume pas Ă  Pigalle ou au bois de Boulogne). D’autant plus qu’il ne devient sulfureux que le soir venu et jusqu’au bout de la nuit. En journĂ©e, tout est calme. Sans les enseignes explicites de certaines boutiques, on ne se douterait (presque) de rien… si ça ne sentait pas la beuh en permanence un peu partout (il fallait voir PhilĂ©as respirer profondĂ©ment Ă  pleins poumons dĂšs qu’on passait devant un coffee shop !).
 
Le ciel bleu et ensoleillĂ© de la veille a Ă©tĂ© remplacĂ© par un plafond nuageux, la pluie est mĂȘme annoncĂ©e pour la mi-journĂ©e. Mais les sudistes que nous sommes ne vont pas se dĂ©courager pour si peu 😁. On reste positifs et confiants. Le programme de la journĂ©e est simple : dĂ©couvrir Ă  pied le centre historique (Ă©largi) et les canaux. On a aussi repĂ©rĂ© le musĂ©e Van Gogh, sauf que sa visite ne sera pas pour cette fois. On apprend qu’il faut rĂ©server trĂšs longtemps Ă  l’avance. Il n’y a plus d’entrĂ©es disponibles pour aucun des jours oĂč on est lĂ  (fin mai, avant le pont du jeudi de l’Ascension). Ça fait partie des petits cĂŽtĂ©s nĂ©gatifs des escapades totalement improvisĂ©es : se retrouver le bec dans l’eau pour des choses qui nous tenteraient… Il faudra revenir un jour.
 
Bref, nous voilĂ  partis pour des heures et des kilomĂštres de marche (nos pieds ne nous disent pas merci, comme Ă  chaque fois), dĂ©ambulant au hasard des rues (ayant renoncĂ© pour aujourd’hui Ă  me prendre la tĂȘte avec les noms sur mon plan). Il y avait longtemps que l’on ne s’Ă©tait pas laissĂ©s aller ainsi, et ça fait un bien fou !
 
À Amsterdam, je confirme qu’il n’y a donc pas que le quartier rouge et des coffee shop ! Non, non. Il y a aussi plein d’autres trucs trĂšs clichĂ©s comme des sabots, des fleurs Ă  gogo (dont les cĂ©lĂšbres tulipes) dans le marchĂ© (trĂšs touristique) sur barges flottantes de Bloemenmarkt, des vĂ©los (mais vraiment beaucoup trop), de l’eau et des pĂ©niches sur des canaux, des fromages (comme le dit une pub, la Hollande en Ă©tant l’autre pays), des voitures Ă©lectriques inaudibles, des maisons en briques typiques assez bizarres (trĂšs Ă©troites, de travers, avec la façade penchant en avant et une potence avec un crochet en haut du pignon) dans lesquelles les escaliers exigus sont casse-gueules avec leurs marches raides, des passages piĂ©tons avec avertisseur sonore balançant des “tacatacatacatacatacataca” (qui foutent le speed) quand c’est le moment de traverser, quelques moulins (il n’en reste plus que quatre dans la capitale), des boutiques dĂ©diĂ©es aux diamants (ici, c’est la plaque tournante mondiale pour les grossistes de la pierre prĂ©cieuse) attirant comme un aimant les hordes de touristes asiatiques (on a mĂȘme vu un panneau indiquant le magasin d’un diamantaire traduit en chinois) reconnaissables Ă  leur forĂȘt de perches Ă  selfies.
 
 
 
Amsterdam, c’est aussi des coins assez insolites cachĂ©s des regards, Ă  l’image de Begijnhof Park (bon courage pour rĂ©ussir Ă  prononcer ça !), insoupçonnable lieu posĂ© lĂ , Ă  l’abri de l’effervescence urbaine, tel un oasis verdoyant nichĂ© en plein cƓur de la ville, accessible par une sorte de petite porte cochĂšre d’un cĂŽtĂ©, et par une Ă©troite ruelle dĂ©robĂ©e de l’autre. Une petite chapelle est plantĂ©e dans ce paisible dĂ©cor botanique. Ce square date du Moyen-Âge. La plupart des maisons sont habitĂ©es par des retraitĂ©es, mais aussi incroyable que cela puisse paraĂźtre (quand on voit combien coĂ»te le moindre logement en ville), certains des bĂątiments sont des logements sociaux oĂč vivent des Ă©tudiantes aux revenus modestes, assurant ainsi une certaine mixitĂ© sociale.
 
 
 
 
Les premiĂšres gouttes de pluie ont commencĂ© Ă  tomber comme prĂ©vu Ă  la mi-journĂ©e, l’occasion de s’arrĂȘter dĂ©jeuner pour se mettre Ă  l’abri. AprĂšs quoi, comme l’averse ne s’Ă©tait pas calmĂ©e, on a sautĂ© dans un bateau de croisiĂšre sur les canaux pour ne pas rester sous la flotte. Le timing Ă©tait parfait, Ă  tel point que le soleil est mĂȘme revenu vers la fin de la balade nautique trĂšs sympathique (qui nous aura aussi permis de faire une pause assise dans notre “city-trek”). Les points de vue de la ville depuis le bateau sont assez chouettes.
 
 
La pluie s’Ă©tant finalement calmĂ©e, on a poursuivi notre rando urbaine tout l’aprĂšs-midi. Nos jambes et nos pieds criaient au secours, Ă  tel point qu’on est rentrĂ©s Ă  l’hĂŽtel se poser un peu avant de ressortir pour l’opĂ©ration commando du soir : pouvoir convenablement bouffer !
 
 
La veille, Ă©chaudĂ©s par la galĂšre pour trouver un endroit oĂč manger le soir, on avait repĂ©rĂ© en rentrant la nuit un restaurant asiatique plutĂŽt insolite, situĂ© juste sur l’autre rive de la rue de notre hĂŽtel.
Ce bĂątiment ne passe pas inaperçu puisqu’il s’agit d’une immense pagode flottante arrimĂ©e sur l’Oosterdokskade. Le Sea Palace a une capacitĂ© d’accueil de plusieurs centaines de couverts. Ce “bĂąteau-resto” serait la rĂ©plique miniature du Sea Palace de Hong-Kong pouvant servir jusqu’Ă  4000 personnes. Il paraĂźt que c’est un lieu cĂ©lĂšbre… Mais, comme pour le Carnivore au Kenya (pourtant mondialement connu paraĂźt-il), on n’en avait jamais entendu parler avant. DĂ©cidĂ©ment…
Manque de bol de riz, impossible lĂ  encore de rĂ©server une table avant notre dĂ©part, ni au service de midi, ni le soir. TOUT EST COMPLET ! C’est un truc de dingue. J’imagine que l’endroit est trĂšs rĂ©putĂ©, mais lĂ , je ne peux pas en tĂ©moigner.
 
Finalement, on s’est dit qu’au lieu de cibler les “cuisines du monde”, pas super pertinent comme stratĂ©gie de dĂ©couverte culinaire locale, autant tester la gastronomie nĂ©erlandaise. PhilĂ©as a donc dĂ©nichĂ© le Hemelse Modder (qui signifie “boue cĂ©leste”… Quel drĂŽle de nom pas trĂšs appĂ©tissant !), un resto plutĂŽt chic/gastro Ă  deux pas de l’hĂŽtel (car on Ă©tait vraiment crevĂ©s de la journĂ©e). On s’y est pointĂ©s Ă  l’improviste avant 19h pour avoir une chance d’avoir une table avant le rush. Coup de chance du premier coup cette fois-ci, il restait quelques tables non rĂ©servĂ©es. Et cerise sur le gĂąteau : la patronne parlait assez bien français et s’est fait un devoir de nous expliquer les plats proposĂ©s dans son Ă©tablissement, en plus du “menu spĂ©cial jubilĂ©” du mois. J’en ai alors profitĂ© pour lui demander quels Ă©taient les plats emblĂ©matiques des Pays-Bas, et s’il y avait un plat national. Sa rĂ©ponse inattendue nous a laissĂ©s un peu sur notre faim : « oh non, pas vraiment, dĂ©solĂ©e. On s’inspire beaucoup des cuisines du monde, beaucoup de la gastronomie française Ă©videmment, mais aussi des influences des anciennes colonies comme l’IndonĂ©sie. Il n’y a pas de plat national. Typiquement, dans les campagnes, on mange un plat trĂšs consistant prĂ©parĂ© avec des pommes de terre Ă©crasĂ©es avec des navets et d’autres lĂ©gumes, accompagnĂ©es de poisson comme la morue par exemple. »
Bref, on est allĂ©s dans un restaurant nĂ©erlandais proposant de la cuisine hollandaise pour goĂ»ter des spĂ©cialitĂ©s locales, sauf qu’aucun plat typique n’est au menu car ça n’existe pas Ă  proprement parler đŸ€” !?!? Cherchez l’erreur… Ceci dit, on s’est rĂ©galĂ©s car ce qu’on a pris (plus ou moins au pif au final… merci google-translate) Ă©tait super bon en plus d’ĂȘtre trĂšs joliment prĂ©sentĂ© dans l’assiette (un plaisir des yeux avant le plaisir des papilles), le service Ă©tait trĂšs bien dans un cadre Ă©purĂ© agrĂ©able trĂšs chouette !
 
Cette deuxiĂšme soirĂ©e Ă  Amsterdam s’est terminĂ©e sur une note nettement plus positive pour moi. De quoi me rebooster pour la journĂ©e suivante qui m’attend : PhilĂ©as a (encore) dĂ©gotĂ© une activitĂ© aux antipodes de celles que j’aime habituellement. Oui, il est comme ça PhilĂ©as, il aime me pousser dans mes retranchements, hors de ma zone de confort (je l’aime beaucoup trop ma zone de confort), histoire de dĂ©passer mes limites, me prouvant ainsi que je suis capable de bien plus de choses que ce que je crois. Sans compter que sa technique est infaillible pour garder des souvenirs impĂ©rissables de nos escapades et de nos voyages (et qu’accessoirement, plus je suis en mode “je galĂšre/je rĂąle”, et plus ça me fait de choses Ă  raconter avec humour et (auto)dĂ©rision…).
 
 
 
 

Jour 2 | Sortir de ma zone de confort…

 
La notion de “zone de confort” est trĂšs subjective. Les limites de ma zone de confort ne sont pas tout-Ă -fait les mĂȘmes que celles de PhilĂ©as. Mes limites sont… comment dire… limitĂ©es (comme son nom l’indique) ! Ce qui ne m’empĂȘche pas de les dĂ©passer rĂ©guliĂšrement grĂące Ă  mon cher et tendre donc.
 
 
PhilĂ©as a prĂ©vu une visite guidĂ©e d’Amsterdam en français (ça, j’aime bien)et Ă  vĂ©lo (ça par contre, je DÉTESTE ! Les selles de vĂ©los et mon arriĂšre-train ne sont pas du tout copains… Je dois ĂȘtre mal foutue, je ne sais pas, mais Ă  chaque fois que je fais du vĂ©lo, je termine toujours avec des douleurs trĂšs… disons… ciblĂ©es, du style “escalope meurtrie et tumĂ©fiĂ©e”…). AU SECOURS 😅 !!!
 
Le rendez-vous est bookĂ© pour le matin. Sauf que de l’imprĂ©vu se rajoute Ă  l’improvisation. Le guide francophone a un empĂȘchement de derniĂšre minute qui l’oblige Ă  dĂ©caler la virĂ©e un peu plus tard dans la journĂ©e. Qu’Ă  cela ne tienne, on revoit nos plans du jour (ce n’est pas trop dur quand on n’a rien de vraiment prĂ©vu) et on profite que le soleil soit revenu pour reprendre notre exploration urbaine.
 
Amsterdam, ce n’est pas Venise (qui, elle, est construite sur une multitude d’Ăźles, sans aucune route dans la citĂ©, les seules façons d’y circuler Ă©tant Ă  pied ou en bateau. Il n’y a ni voitures, ni bus, ni tramways, ni mĂ©tros), mais en revanche, c’est vraiment une histoire d’eau avec tous ses canaux creusĂ©s !
 

De l’eau, des fleurs, et toujours ces constructions en briques rouges et ses maisons Ă©troites.

 
 
La visite guidĂ©e a Ă©tĂ© repoussĂ©e vers l’heure du dĂ©jeuner.
 
Avant ça, comme je n’ai nullement l’intention de faire un coup d’hypoglycĂ©mie pendant la “chevauchĂ©e sauvage”, je cherche de quoi caler ma fringale avant d’enfourcher le terrible engin. Et lĂ , dans une rue, je dĂ©couvre avec effroi des boutiques remplies de distributeurs automatiques de junkfood ! Quelle horreur ! C’est bondĂ© lĂ -dedans en plus. Comment peut-on manger ça ?
 
Je ne peux surpasser mon dĂ©goĂ»t et refuse de tenter une telle expĂ©rience de l’extrĂȘme (cette limite-lĂ , je ne la franchirai pas). Je jette plutĂŽt mon dĂ©volu sur une copieuse part de “appletaart” qui m’a fait de l’Ɠil dans un salon de thĂ©. Et comme j’ai bien fait ! Elle Ă©tait absolument dĂ©licieuse, gĂ©nĂ©reusement garnie de pommes parfumĂ©es Ă  la cannelle (et aussi bourrĂ©e de sucre et de gras), de quoi largement refaire le plein d’Ă©nergie.
 
 
On a ensuite rejoint le point de rendez-vous du petit groupe de francophones inscrits avec nous, dont une famille de quĂ©bĂ©cois nous disputant le prix de l’accent le plus prononcĂ© (on est du Sud, et on assume le soleil et les cigales sortant de nos bouches quand on s’exprime).
Notre guide se prĂ©nomme Olaf (“grosse baffe”… petit clin d’Ɠil Ă  ceux qui ont la rĂ©fĂ©rence chez AstĂ©rix et ObĂ©lix), il est hollandais et parle bien français (il a vĂ©cu un temps sur la CĂŽte d’Azur), il est jeune et charmant, ce qui ne gĂąche rien.
Il commence par nous donner toutes les informations nĂ©cessaires et les consignes de sĂ©curitĂ© pour circuler pendant le tour. C’est ainsi qu’on a appris que les vĂ©los hollandais n’ont pas de freins. Pour freiner, il faut rĂ©tropĂ©daler. #FinDuSuspenseInsoutenable
Heureusement qu’on nous a fourni des vĂ©los “normaux”, sinon le supplice aurait Ă©tĂ© encore plus grand pour moi… J’Ă©tais pendue Ă  mes freins et Ă  ma sonnette pendant toute la virĂ©e (attraction burlesque du jour bonjour) tellement j’Ă©tais tĂ©tanisĂ©e de peur par le trafic infernal, les croisements, le respect des prioritĂ©s sur les voies cyclables, les autres cyclistes dans tous les sens, les piĂ©tons (qui hĂ©sitent mais) qui traversent (quand mĂȘme) juste devant la roue (super agrĂ©able quand il faut freiner juste au moment oĂč on a pris de l’Ă©lan, et qu’ensuite il faut pĂ©daler comme un Ăąne pour essayer de grimper la cĂŽte), les montĂ©es et les descentes des innombrables ponts enjambant les canaux sur lesquels tu ne peux pas te permettre de prendre de l’Ă©lan et rouler Ă  toute berzingue (mes quadriceps et mes mollets m’ont offert un festival de courbatures pendant plusieurs jours).
Non, vraiment, j’ai subi (oui, je sais, je suis un boulet !).
 
La visite a durĂ© plus de 2h30 (de souffrance pour mon popotin) sous un soleil radieux (on s’est mĂȘme chopĂ©s un coup de soleil !). Heureusement, il y avait des arrĂȘts frĂ©quents pendant lesquels Olaf nous racontait passionnĂ©ment sa ville (ça me permettait aussi de souffler et de dĂ©tendre mes poings serrĂ©s et mes bras contractĂ©s Ă  la limite de la crampe), l’occasion de rĂ©soudre quelques “mystĂšres” et rĂ©pondre aux questions que je me posais depuis notre arrivĂ©e.
Comme par exemple les maisons (qui, Ă  l’origine, Ă©taient des entrepĂŽts de stockage des riches marchands du “SiĂšcle d’Or”), construites toute de travers (l’impression que les façades penchĂ©es vers l’avant vont s’effondrer sous nos yeux est omniprĂ©sente) en briques de terre cuite locale (il a bien fallu faire quelque chose de la terre accumulĂ©e lors du creusement des canaux). Si elles font 7 mĂštres de large sur 30 mĂštres de long, ce serait pour des questions d’Ă©conomies de taxes calculĂ©es jadis sur la surface bĂątie donnant sur la rue. La “perte” de superficie est compensĂ©e par la construction sur plusieurs niveaux.
Avec une largeur si Ă©triquĂ©e, l’agencement intĂ©rieur comporte toujours des portes, des escaliers et des couloirs tellement Ă©troits qu’il est impossible d’y passer des meubles, des marchandises ou toute autre chose volumineuse.
Comment aménager les lieux alors ?
Et bien par l’extĂ©rieur grĂące aux larges fenĂȘtres percĂ©es et au crochet prĂ©sent au bout d’une potence en haut de chaque pignon. Tout est montĂ© par une corde et une poulie. Et si les façades sont volontairement penchĂ©es, c’est justement pour faciliter le passage par les fenĂȘtres en limitant ainsi les dĂ©gĂąts provoquĂ©s par le balancement des charges hissĂ©es avec la corde, systĂšme encore plus pertinent les jours de tempĂȘtes.
Dans la citĂ© lacustre du Nord, tout est construit sur des pilotis plantĂ©s trĂšs profondĂ©ment dans le sol, la faute Ă  la terre beaucoup trop molle et humide pour pouvoir y couler des fondations “classiques”. Cela n’empĂȘche cependant pas la ville de s’enfoncer dans le sol. Les pilotis modernes sont en bĂ©ton.
Les maisons toutes tordues donnent l’impression (mais n’est-ce vraiment qu’un effet d’optique ? Rien n’est moins sĂ»r.) qu’elles s’appuient les unes sur les autres et que si jamais l’une d’entre elles Ă©taient dĂ©truites, toute la rue s’effondrerait comme un chĂąteau de cartes. Dans les logements, les sols penchent aussi, leurs habitants ont l’habitude de marcher “pas trĂšs droit”. C’est un coup Ă  prendre, mais il paraĂźt que c’est trĂšs dĂ©concertant (et casse-gueule) la premiĂšre fois qu’on s’y dĂ©place.
 
En parlant d’habitations : le manque d’espace en ville pour crĂ©er de nouveaux logements a fait naĂźtre des solutions alternatives telles que les pĂ©niches. Ce n’est pas ce qui manque Ă  Amsterdam, les canaux en sont complĂštement saturĂ©s ! Mais il ne faut pas se leurrer, ces pĂ©niches ne sont pas forcĂ©ment beaucoup plus Ă©conomiques (leur entretien est coĂ»teux et contraignant, un loyer est dĂ» pour la place occupĂ©e, l’assurance est chĂšre et elles sont redevables d’un impĂŽt qui leur est propre). Elles ne voguent plus depuis bien longtemps puisqu’elles sont amarrĂ©es en permanence car reliĂ©es aux rĂ©seaux d’eau et d’Ă©lectricitĂ© de la ville comme les maisons.
 
Plus gĂ©nĂ©ralement, j’ai appris qu‘avant d’ĂȘtre un Royaume, les Pays-Bas ont Ă©tĂ© une RĂ©publique (c’est plutĂŽt l’inverse qui s’est produit ailleurs).
 
J’ai aussi rĂ©ussi Ă  connaĂźtre la diffĂ©rence entre la Hollande et les Pays-Bas (exemple de question plus ou moins saugrenue pertinente que je suis capable de poser lors de visites guidĂ©es). Pays-Bas est le vĂ©ritable nom du pays, il est constituĂ© de douze provinces. Hollande ne correspond qu’Ă  deux de ces provinces, grosso-modo celles oĂč se situent la capitale et les villes les plus importantes.
 
Ah ! J’ai failli oublier l’essentiel… le dĂ©but de l’Histoire locale ! Pourquoi Amsterdam s’appelle Amsterdam ? (Ceux qui savent dĂ©jĂ  peuvent passer directement Ă  la suite).
Au XIIIĂšme siĂšcle, une digue (“dam” en nĂ©erlandais) protĂ©geant de la mer est construite sur le fleuve Amstel au bord duquel est posĂ© un village. La petite bourgade prendra alors le nom (lĂ©gĂšrement dĂ©formĂ© par la prononciation) d’Amsterdam.
Petite info bonus : les habitants d’Amsterdam s’appellent les amstellodamois.
 
Il y aurait plein d’autres choses Ă  raconter, mais le mieux c’est d’aller faire la visite guidĂ©e en vĂ©lo en français avec Olaf (boutique de location de vĂ©los du 110 Spuistraat). Son circuit permet en plus de partir Ă  la dĂ©couverte d’autres quartiers que les traditionnels Centre Historique et Canaux qu’on a dĂ©jĂ  arpentĂ©s plusieurs fois. Finalement, c’est trĂšs complĂ©mentaire, et en plus ça nous a donnĂ© une idĂ©e de virĂ©e (sortant de l’ordinaire pour nous) pour la suite de la journĂ©e.
 
Le retour Ă  la boutique de location de vĂ©lo sonne ma dĂ©livrance. 14h sont largement passĂ©es, on s’inquiĂšte de savoir si on va pouvoir manger assis tranquillement quelque part. Au petit bonheur la chance, on s’est engouffrĂ©s dans une ruelle dĂ©bouchant sur une placette oĂč des gens mangeaient encore attablĂ©s dehors au soleil. Endroit providentiel pour une pause dĂ©jeuner bien mĂ©ritĂ©e avant de repartir avaler les kilomĂštres Ă  pied.
 
 
Sur les conseils appuyĂ©s d’Olaf, on se rend derriĂšre Centraal Station pour embarquer dans un ferry gratuit assurant des rotations 24h/24. En deux temps trois mouvements, nous voilĂ  debout au milieu de cyclistes dans cette navette traversant la riviĂšre IJ, naviguant cheveux aux vents vers le quartier NDSM, site des anciens chantiers navals. (Ce trajet est desservi par la ligne “rouge”.)
 
Un petit quart d’heure plus tard, on dĂ©barque entre un vieux sous-marin russe et un bateau-hĂŽtel, avec des docks, des hangars et des containers (et une montagne de vĂ©los) en toile de fond.
 
Mais que sommes-nous venus faire ici ?
Olaf a vantĂ© l’intĂ©rĂȘt de ce site pour son street-art dissĂ©minĂ© dans un quartier Ă  l’esprit industriel mĂ©ritant le dĂ©tour.
Pour ĂȘtre honnĂȘte, le street-art, ce n’est pas trop notre truc. Mais n’Ă©tant pas rĂ©fractaires pour autant, c’Ă©tait l’occasion d’aller jeter un coup d’Ɠil.
On a marchĂ© au hasard. On est tombĂ© sur un film publicitaire en train de se tourner entre deux gigantesques entrepĂŽts, sur une immense esplanade oĂč trĂŽnait une arche faite de containers. Et il y avait des tags et des graffitis un peu partout en effet.
 
Un message subliminal se cache dans cette Ɠuvre de street art đŸ€”… Je n’ai pas frĂ©quentĂ© les mĂȘmes routes de la vie manifestement 😏 !
Ne connaissant strictement rien au domaine du street-art, et n’ayant ni point de repĂšre ni rĂ©fĂ©rence en la matiĂšre, on n’a pas trop su quoi en penser artistiquement parlant. Ceci dit, c’est Ă  voir, les amateurs du genre apprĂ©cieront sĂ»rement.
On a continuĂ© Ă  explorer cet Ă©trange quartier rĂ©putĂ© branchĂ© et on s’est retrouvĂ©s Ă  visiter le NDSM Loods, un ancien entrepĂŽt de chantier naval rĂ©habilitĂ© en studios d’artistes. Sans savoir ça, j’aurais eu tendance Ă  penser que c’est un immense squat. C’Ă©tait… comment dire… assez “space”…
 
 
 
Le retour vers la ville est aussi simple et rapide que pour l’aller : il suffit d’attendre tranquillement sur le ponton la prochaine navette gratuite ramenant Ă  Centraal Station. Il y en a toutes les quinze minutes en journĂ©e.
 
 
Pour le repas du “soir” (il n’existe pas de mot pour dĂ©signer un vrai repas se situant entre l’heure du goĂ»ter et l’heure du dĂźner si ?), on a renoncĂ© Ă  la cuisine nĂ©erlandaise (puisqu’elle n’existe pas), et comme on n’avait pas du tout envie de tester l’un des nombreux restaurants indonĂ©siens pullulant Ă  chaque coin de rue (j’ai fait une overdose de nasi goreng et autres spĂ©cialitĂ©s Ă  Bali et Ă  Lombok au printemps dernier…), on a eu une envie subite de manger thaĂŻ, pas trop loin de l’hĂŽtel (parce qu’aprĂšs une journĂ©e Ă  marcher non-stop et Ă  faire du vĂ©lo, on n’en peut plus). Nous voilĂ  donc partis Ă  la recherche du graal, sans rĂ©servation, Ă  l’heure courue de l’apĂ©ro… Coup de chance au De Kooning van Siam en plein quartier rouge. On Ă©tait seuls et on s’est rĂ©galĂ©s.
 
 
Ce jour-lĂ , PhilĂ©as m’a fait sortir de ma zone de confort en m’embarquant me casser le fion sur faire du vĂ©lo (contre toute attente, il a reconnu que ces selles Ă©taient particuliĂšrement inconfortables ! J’ai traduit cet aveu par “j’ai mal au cul moi aussi”…) avant d’aller voir des graffitis gribouillĂ©s partout dans un quartier d’anciens docks (admirer du street-art… une activitĂ© tellement improbable pour moi).
MalgrĂ© tout, ce fut une belle journĂ©e. Je me suis couchĂ©e, repue et fourbue, beaucoup moins bĂȘte plus instruite et cultivĂ©e 😬.
 
 
 
 

Jour 3 | Usine Ă  gaz pour foodtrucks, soleil et verdure…

 
Ce matin, on n’est qu’une immense courbature, mais on est encore bĂ©nis des Dieux cĂŽtĂ© mĂ©tĂ©o : il ne pleut pas et le soleil est mĂȘme annoncĂ© pour une bonne partie de la journĂ©e. Ça tombe super bien, notre avion retour ne dĂ©colle que dans la soirĂ©e, alors on a largement le temps de profiter de ce dernier jour d’escapade.
Programme choisi : encore des heures de marche Ă  pied Ă  la recherche de vert et de nature ! Les maisons typiques en briques, c’est vrai que c’est joli mais au bout de deux jours, on commence Ă  saturer on en fait vite le tour. (D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les villes et autres paysages urbains ne sont pas nos lieux de prĂ©dilection, on leur prĂ©fĂšre de trĂšs loin la Nature et les espaces sauvages.)
 
Pour commencer, direction Westerpark au Nord-Ouest d’Amsterdam, loin de l’agitation du centre-ville. On a marchĂ© tranquillement pendant une heure et demie, pauses photos et cafĂ©s comprises, traversant diffĂ©rents quartiers, dont le populaire et branchĂ© Jordaan, avant d’atteindre ce parc.
 
 
En vĂ©ritĂ©, si on est allĂ©s lĂ -bas c’est aussi pour autre chose que le parc.
On aime bien découvrir des trucs insolites aux antipodes de nos habitudes et de nos goûts lors de nos échappées belles.
 
Il se trouve que trĂšs peu de temps avant de dĂ©barquer Ă  Amsterdam, on a appris un peu par hasard l’existence de la Westergasfabriek (un seul mot tout collĂ© pour dire “usine Ă  gaz de l’Ouest”). Rien que le nom nous a intriguĂ©s.
Cette ancienne usine Ă  gaz toute en briques rouges typiques a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©e en un immense site culturel avec bars, restaurants, cinĂ©ma, scĂšne de spectacle, clubs, halle d’exposition, galeries d’arts.
 
 
 
En s’approchant, aprĂšs avoir croisĂ© des vĂ©los trĂšs personnalisĂ©s, on a Ă©tĂ© attirĂ©s par un regroupement de gens jouant dehors Ă  un sport trĂšs mystĂ©rieux. Ce n’Ă©tait pas du basket-ball, mĂȘme si le but du jeu semblait ĂȘtre de passer la balle Ă  travers le “cerceau” jaune.
 
 
 
 
 
 
Ce qu’on est venu voir ici c’est un Ă©vĂšnement plutĂŽt original qui a titillĂ© notre curiositĂ©, LE rendez-vous des amateurs de cuisines du monde en foodtruck et autres cuisines mobiles.
Il s’agit du Rollende Keukens, un festival se dĂ©roulant chaque annĂ©e pendant cinq jours au mois de mai. Une centaine de participants envahissent alors une vaste aire extĂ©rieure pour y garer leurs baraques Ă  bouffe nomades et proposer de la fastfood gastronomie des quatre coins de la planĂšte. Ils rivalisent d’idĂ©es pour rendre leur stand de dĂ©gustation le plus typique et original possible. On peut ainsi voir un florilĂšge de diffĂ©rents styles, du plus basique au plus improbable…
 
 
 
Pour arroser tout ça, d’immenses stands de biĂšres sont prĂ©sents.
 
On n’est pas restĂ©s manger lĂ  (oui, on est des rebelles). Les stands n’Ă©taient pas encore ouverts et puis de toute façon, tout ce qu’on a observĂ© dans les coulisses ne nous a pas forcĂ©ment mis l’eau Ă  la bouche.
 
On a prĂ©fĂ©rĂ© reprendre notre trek urbain en traversant les quartiers longeant les canaux Nord et les canaux Sud pour arriver jusqu’au quartier des MusĂ©es (qu’on n’a pas visitĂ©s puisque, comme je viens de le dire, on est des rebelles).
 
 
C’est dans ce coin de ville que l’on a trouvĂ© un endroit bondĂ© mais sympa pour se poser et manger tranquillement sur l’eau (alors que l’heure du dĂ©jeuner Ă©tait allĂšgrement dĂ©passĂ©e).
 
AprĂšs cette pause bien mĂ©ritĂ©e (pour nos estomacs, nos jambes et nos pieds), sous le mĂȘme ciel bleu ensoleillĂ© qui nous a accueillis le jour de notre arrivĂ©e, on a terminĂ© notre city trip Ă  Amsterdam en trouvant autre chose Ă  regarder que des maisons en briques qui penchent đŸ˜âœŒïž : le Vondelpark.
Ce poumon vert de la ville est trĂšs bucolique et extrĂȘmement frĂ©quentĂ©, y compris par toutes sortes d’engins roulants qui gĂąchent un peu la balade en toute sĂ©rĂ©nitĂ©…
Le mois de mai ouvre la saison des spectacles en plein air gratuits durant laquelle projections, ballets et concerts sont proposĂ©s jusqu’au mois de septembre. Et ça fait trente ans que c’est comme ça chaque annĂ©e.
 
 
Manque de bol, il n’y avait aucun spectacle dans le crĂ©neau horaire oĂč on a pu rester dans le parc (on devait repartir prendre le train pour l’aĂ©roport en fin de journĂ©e). Mais ça doit ĂȘtre trĂšs chouette Ă  voir.
On s’est contentĂ©s de se balader dans cet immense parc de prĂšs de cinquante hectares pour prendre un bain de foule grand bol de verdure.
 
 
 
C’est ainsi que s’est achevĂ©e notre dĂ©couverte improvisĂ©e de la capitale nĂ©erlandaise.
Je ne m’Ă©tendrai pas sur le retour chaotique dĂ» au retard de l’avion qu’il a fallu carrĂ©ment quitter aprĂšs avoir tous embarquĂ©s, pour retourner attendre (le plus calmement possible) en salle d’embarquement que la compagnie nous “trouve” un avion de remplacement car l’autre avait un problĂšme technique l’empĂȘchant d’assurer le vol en toute sĂ©curitĂ©… (Toujours voir le cĂŽtĂ© positif dans chaque situation : il a mieux valu attendre des plombes plutĂŽt que de s’ĂȘtre scratchĂ©s en plein vol !)
 
 
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D’Amsterdam, on n’en savait rien et comme cette escapade Ă©tait improvisĂ©e Ă  la derniĂšre minute, on n’avait pas eu le temps de trop regarder avant. Alors une fois sur place, on a simplement suivi notre instinct et Ă©coutĂ© nos envies (ou pas).
Renseignements pris, on s’est rendu compte qu’on a zappĂ© (plus ou moins malgrĂ© nous) pas mal d’incontournables mentionnĂ©s dans les guides, comme par exemple le port, la maison d’Anne Franck, l’Artis Royal Zoo au Plantage, la maison de Rembrandt, les nombreux musĂ©es tels que Van Gogh (parce que c’Ă©tait complet), Rijks, Frans Hals, Stedelijk, maritime, etc.
 
Bref, comme je n’ai pas entiĂšrement sondĂ© l’Am(e)sterdam, je crois qu’il nous faudra revenir le temps d’un week-end pour complĂ©ter la visite, en n’oubliant pas de s’y prĂ©parer un peu Ă  l’avance cette fois !
 
 
 
 
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