Voyage jusqu’au bout du monde… ?? ?

 
 


 
L’année 2013 restera celle où j’ai suivi mon Homme jusqu’au bout du monde… La tête à l’envers à l’autre bout de la terre…

 

 

Depuis le temps que nous rêvions de cette destination… l’ARGENTINE !
Nous avons enfin pu découvrir cet immense pays plein de surprises et de contrastes saisissants.

Nous avons réalisé un circuit intense au rythme soutenu avec près de 10.000 kms parcourus (en avion et par la route) dans le pays en seulement deux semaines !!! Ce n’était pas qu’un road trip mais aussi un sky-by-plane trip !!!

Mais ça valait le coup d’avaler des miles car j’ai vu des choses que je n’avais encore jamais vues. Moi qui aime contempler la nature et ses paysages, j’ai été servie : j’en ai pris plein les yeux !!!
Les paysages argentins sont extrêmement lumineux, démesurés, grandioses, spectaculaires, époustouflants, et d’une diversité incroyable. L’appareil photo a encore eu du mal à s’en remettre…. Plus de 2 300 photos…. Encore plus que pour notre expédition en Equateur/Amazonie/Galapagos…. Je suis incorrigible….

Notre périple nous a emmenés jusqu’au très froid à l’extrême Sud : Ushuaïa en Terre de Feu, la ville du bout du monde au bord du Canal de Beagle, puis en Patagonie dans la région des glaciers descendant des sommets Andins et plongeant dans le lac Argentino.
Nous nous sommes ensuite réchauffés en remontant jusqu’au très chaud tout au Nord du pays : d’abord chaud humide “tropical” aux mythiques chutes d’Iguazu à la frontière avec le Brésil et le Paraguay, et ensuite chaud sec “désertique” sur les hauteurs des plateaux Andins.
Quant à Buenos Aires, point d’escales central du circuit, le climat y est plus doux et tempéré.

Tout commence le 25 octobre 2013, jour du départ, journée interminable dans les aéroports de Paris puis Barcelone, nous trépignons d’impatience…

Après environ 13h de vol depuis Barcelone et la nuit passée dans l’avion, nous atterrissons enfin à Buenos Aires aux aurores, avec un décalage horaire de -4h.

Gros soulagement à l’arrivée : le circuit se fera en compagnie de seulement trois autres couples… C’était inespéré. Aux dires des guides locales successives, c’était même totalement exceptionnel  -et inexpliqué- car les groupes sont plutôt de 25 personnes habituellement. Je savoure avec délectation la chance inouïe que nous avons…

Bien que l’avion atterrisse en avance, nous commençons notre voyage par poireauter longtemps à l’arrivée car notre vol était annoncé par erreur “en retard” à l’aéroport et notre guide a donc pris son temps pour venir nous récupérer au petit matin…
BREF Plus de temps à perdre !!!! Cette première guide (une jeune française expatriée) nous embarque pour une matinée “visite éclair” de l’essentiel de Buenos Aires, mégalopole de 15 millions d’habitants….sur les 40 millions que compte tout le pays ! Plus d’un gros tiers de la population vit dans la capitale. Cela nous donne une vague idée du grand vide qui règne dans le reste de l’immense Argentine…comme nous pourrons le constater par nous-même tout au long du voyage !

Comme toutes les très grandes villes, BUENOS AIRES est très hétéroclite, bouillonnante et ne dort jamais.
Notre guide nous a donc fait découvrir :

Le quartier très populaire, très touristique (et très pauvre) de LA BOCA avec ses fameuses maisons (faites de bric et de broc) aux façades bigarrées multicolores.

Mais ce ne sont que des façades justement… La misère de ce bidonville est maquillée à outrance avec des couleurs chatoyantes attirant des flopées de touristes dans ses bars/resto/boutiques, tout comme les fleurs savent attirer très opportunément les abeilles butineuses…
Ceci dit, ce lieu est un incontournable de Buenos Aires, mais il faut rester extrêmement vigilant dans cette zone où la sécurité n’est pas vraiment….comment dire….optimale !

Non loin de là se trouve La Bombonera, mythique stade de foot où a sévi le non moins mythique Maradona, l’enfant prodige du pays…

 

 
 
Autre quartier visité, géographiquement voisin mais socialement très éloigné, le quartier chic et bourgeois de SAN TELMO. 
Les antiquaires s’y concentrent, mais rien d’étonnant quand on constate à quel point ce lieu est figé dans le temps…
 

Ce quartier témoigne du faste colonial d’antan, à l’époque où l’Argentine était un des pays les plus riches du monde.

La visite des marchés dans les rues, ainsi que des halles de San Telmo, a été un voyage à elle toute seule.

 

 

Le célèbre “Gran Café Tortoni“, où nous avons pris notre premier repas argentin, est à l’image de cette belle époque révolue. Sauf que pour le dépaysement, faudra repasser… On se serait cru dans une vieille brasserie Parisienne !!!

Et puis bien sûr, il était impensable de découvrir Buenos Aires sans sillonner les quartiers qui constituent EL CENTRO HISTORICO.
Le cœur de la ville compte de nombreux monuments (dont un obélisque), le palais présidentiel Casa Rosada, la cathédrale, le grand théâtre, des musées, des jardins, etc etc etc

 

 

 

 

 

 

Après cette première matinée intense, notre guide décide de nous laisser l’après-midi libre afin de nous reposer avant le départ aux aurores du lendemain matin.
Mais malgré la fatigue, nous avons préféré continuer à découvrir la ville, seulement tous les deux cette fois-ci.

Nous voilà donc embarqués dans le métro argentin pour rejoindre le quartier de LA RECOLATA.

Ce coin-là de la ville est très “chic” et plus “tranquille”, avec de grands bâtiments historiques (on se serait cru à Paris une fois de plus), des musées prestigieux, un magnifique parc avec un marché artisanal ce jour-là, la présence insolite d’une cabine téléphonique londonienne, des danseurs de tango dans les rues, et puis surtout un immense cimetière de personnalités à l’instar du Père Lachaise. C’est là que repose l’emblématique Eva PERON née DUARTE dite EVITA… C’est aussi ici que nous avons failli nous perdre dans le dédale des innombrables allées alors qu’on cherchait désespérément cette fameuse tombe d’Evita !!!! Un vrai labyrinthe qui nous a lessivés !!! A notre grande stupéfaction, le caveau n’est pas vraiment à la “hauteur” du personnage. Il se situe dans une allée étroite et il a été difficile de s’en approcher pour prendre une photo vu le nombre de personnes plantées devant.
A certains endroits manifestement délaissés et sans entretien, les tombes étaient défoncées, on pouvait voir les cercueils dépasser. Charmant…
 

 

 

 

Impressionnante sculpture de 25m de haut, en acier et aluminium, représentant une fleur géante à 6 pétales et 4 pistils.
Sa particularité est qu’elle s’ouvre le matin et se ferme le soir.

Ce tout premier jour en Argentine fut aussi long que la première nuit fut courte….
Lever à 4h45 le lendemain matin, avec en prime un bon jetlag dans les dents !!!!!
On prend conscience que ce grand voyage va être tout sauf reposant… Mais tout va bien, on est en vacances et on n’a rien d’autres à faire qu’à se laisser guider et profiter.

Départ pour USHUAÏA en TERRE DE FEU à l’extrême sud du pays : 2 500 kms parcourus en avion.
Le changement est radical ! D’abord il fait froid. Ensuite, la chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas là-bas : Ushuaïa est au pied de montagnes enneigées… Je ne sais pas pourquoi mais je m’imaginais le bout du monde complètement plat en bord d’océan. Et bien pas du tout, on dirait les Pyrénées qui plongent dans la mer !!!

 

L’arrivée au bout du monde a été folklorique pour ne pas dire surréaliste !!! Ce fut le coup d’envoi d’un sketch comique qui a finalement duré pendant tout le voyage et qui a fait mourir de rire tout notre petit groupe jusqu’à la fin.

L’aéroport d’Ushuaïa est tout petit, il y a seulement quatre avions par jour. Autant dire que se tromper de groupe de touristes, il faudrait vraiment le faire exprès… Et pourtant, notre nouvelle guide locale (une argentine ce coup-ci, pur jus du terroir) a douté…. longtemps…. en tournant ses papiers dans tous les sens….et ce malgré les preuves qu’on lui apportait sur l’identité de notre groupe…. Le doute l’a envahie à tel point qu’elle voulait s’assurer qu’il n’y avait vraiment plus personne dans la salle de débarquement. Sauf que la porte vitrée automatique ne s’ouvre que lorsque les voyageurs sortent, et elle, elle voulait rentrer alors qu’il n’y avait plus de voyageurs. Elle s’obstinait à avancer et reculer devant la porte, à faire des “coucou” de la main vers le détecteur de mouvement en haut de la porte vitrée, espérant déclencher l’ouverture…. ça faisait très caméra cachée, les fou rires ont commencé à fuser et à être contagieux !!!!
Au bout de quelques minutes, voyant qu’effectivement il n’y avait plus personne dans l’aéroport à part notre groupe, elle s’adresse à nous un peu résignée :
<< Bon, je ne sais pas si vous êtes mon groupe, mais tant pis, je vais vous prendre quand même avec moi. 
– aaaah muchas gracias, trop aimable !!!
– Vous allez à quel hôtel en fait ?
– euh….???…. l’hôtel Ushuaïa
– ah bon ? OK, on y va alors, on verra bien parce que je n’ai pas cette information moi. Suivez-moi, le minibus est garé dehors >>
(oui, dehors…. je vois mal comment il aurait pu être garé ailleurs que dehors…)

Il s’est avéré par la suite que notre guide avait vraiment beaucoup d’humour (à nos dépens même parfois…), elle était bien sympathique, mais malgré ça, on n’a jamais su si cette scène à l’aéroport était jouée ou bien spontanée !

Nous voilà ENFIN partis de l’aéroport direction Ushuaïa, la ville du bout du monde qui compte grosso modo 60000 habitants.
Encore une idée reçue totalement fausse que j’avais : Ushuaïa n’est pas un minuscule village de pêcheurs, mais une vraie ville tellement loin de tout qu’elle est très bien organisée et parfaitement autonome. Il vaut mieux….

 

Nous avons trouvé Ushuaïa surprenante et un brin déroutante. C’est comme une station de montagne mais au bord de la mer. Les maisons y sont colorées, aucun “building”, et malgré le climat il y a de la vie dans les rues à sens unique qui montent et qui descendent (façon San Francisco) jusqu’au port au bord du Canal de Beagle. Le port d’Ushuaïa est d’ailleurs très actif, et c’est notamment de là que partent tous les bateaux de croisière et les expéditions pour l’Antarctique distante de “seulement”  1000 kms.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte 2 du sketch à notre arrivée à l’hôtel…
Alors que nous admirions la vue panoramique imprenable d’Ushuaïa depuis le parking, notre guide ressort de l’accueil visiblement très embêtée et nous annonce sans se démonter :
<< – Bon, alors, on me dit qu’il n’y a plus de chambres disponibles.
– Comment ça “plus de chambres” ? C’est une blague ? Et notre réservation alors ?
– Montrez-moi les documents que vous avez parce que je ne sais toujours pas si vous êtes le groupe que j’attendais. 
– ??????? >>
Après moultes discussions très animées entre la guide et le mec de l’accueil, le soulagement nous envahit tous…. Elle revient vers nous et nous dit :
<< – C’est bon, ils ont trouvé 4 chambres à vous affecter.
– comment ça “ils ont trouvé” ? L’hôtel n’est pas complet alors ?
– Si l’hôtel est complet. Mais on va supposer que votre groupe est bien celui qui a réservé pour cette nuit. Donc tout est OK, on prend les bagages, on s’installe et ensuite on va manger au restaurant en ville avant de partir en excursion. >>

Là encore, on n’a pas réussi à savoir si elle nous a fait marcher pour nous filer un petit coup d’adrénaline ou bien si la situation a été réelle…
Pendant tout cet imbroglio, le temps a subitement tourné et de gros nuages menaçants ont assombri le ciel. On commençait à se geler un tantinet…

Pas de chichis pour la chambre d’hôtel, juste le nécessaire pour passer une nuit. En revanche, la vue depuis la fenêtre valait le coup d’œil.

 

L’après-midi a été bien remplie et…..pluvieuse !
Nous avons fait une expédition au Parc National de la Terre de Feu. L’atmosphère était très étrange avec le temps brumeux, le crachin, le froid et le lieu si particulier. D’ailleurs, s’il n’avait pas fait ce temps, ça aurait moins dépaysant finalement. On se serait cru dans un film fantastique.
Bon, on n’a quand même pas fait du camping comme on en a vu !!!! Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, les gens qui vivent là-bas ne se laissent jamais abattre, et comme il fait rarement vraiment beau, ils sortent quelle que soit la météo…

On est allé jusqu’à la boîte postale la plus australe de la planète où on peut se faire tamponner le passeport, et où j’ai posté une seule carte postale. Seulement une seule car je craignais que ce soit une arnaque à touristes et que la carte ne parte jamais… Et bien elle est arrivée en France avant notre propre retour, et surtout bien avant toutes les autres !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

On a atteint la fin de la Route Panaméricaine, où il y a le départ pour une balade sur des passerelles (préservation de la nature… ils sont très écolo en Terre de Feu). Bien que la pluie se transformait en neige fondue, nous avons quand même fait le circuit d’où nous sommes revenus complètement frigorifiés, trempés comme des soupes, mais enchantés !!!

 Le “Train du bout du monde” part aussi du Parc National de la Terre de Feu, et emprunte le rail construit par les bagnards au tout début du XXè siècle.

Au cœur du Parc, il y a un petit musée qui explique l’histoire de cette terre reculée et inhospitalière. Cette région a été baptisée “Terre de Feu” au début du XVIè siècle après sa découverte par Magellan, car les marins apercevaient de la fumée provenant des côtes.
A l’origine, c’était peuplé par les indiens Yamana. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une seule Yamana, une femme très âgée qui n’a pas d’enfants. Ce peuple s’éteindra avec elle.
Pour être tout-à-fait honnête, on reste très perplexe sur cette histoire de Yamana qui vivaient nus la plupart du temps…..avec le froid qui règne ici…. légende ou non ? On a eu beau nous expliquer qu’ils s’enduisaient et se nourrissaient de graisse de phoques et de baleines pour pouvoir résister et qu’ils étaient habitués à de telles températures….

Après cette excursion enchanteresse, nous sommes rentrés à Ushuaïa pour aller visiter l’ancien bagne. Alors là, tu comprends mieux toute la signification du mot “bagne” !!!! Une prison glaciale, sans chauffage et saturée d’humidité, les bagnards nourris au lance-pierre, pas soignés, les travaux forcés… Franchement de quoi le dissuader de transgresser la loi à nouveau si le bagnard en sortait un jour vivant…

Le soir, pour terminer cette grande journée de découvertes, nous avons mangé dans un restaurant typique où nous avons pu notamment déguster la spécialité locale : les crabes et araignées de mer géants. Par précaution, j’ai préféré avaler un antihistaminique avant de goûter ça, de peur de faire une belle réaction allergique comme ça m’était déjà arrivé une fois avec ce genre de bestiole !!!!
Ce jour-là, il y avait des élections nationales : en Argentine, le vote est obligatoire et la veille et le jour de l’élection, la vente d’alcool est formellement interdite dans tous les bars/resto et assimilés !!!! Certains du groupe n’étaient pas très contents de ne pas pouvoir s’enfiler quelques verres dans le cornet pour se réchauffer un peu !!!!

Le lendemain matin, une surprise inespérée nous attendait dans le ciel : un magnifique soleil dans un beau ciel bleu !!!! Le truc qui n’arrive pas souvent…. Une chance inouïe pour le programme du jour : une mini croisière en catamaran sur le Canal de Beagle (point de rencontre des océans Pacifique et Atlantique) pour découvrir les fjords et les falaises, observer les îles peuplées de phoques et d’oiseaux, et atteindre le Phare des Éclaireurs.

Seule la colonie des manchots migrateurs n’était pas au rendez-vous. Ils n’étaient pas encore arrivés, la faute au réchauffement climatique… Mais notre guide s’amusait à nous dire que de toute façon, on aurait peut-être la chance d’en voir quand on irait au Perito Moreno… Sacrée blagueuse qui s’est bien jouée de notre ignorance de la géographie argentine…

 

 

A chaque fois que l’on s’approchait des îles où il y avait des animaux et des oiseaux, l’odeur était insoutenable, à vomir….. Les phoques faisaient un bruit de fou, un mélange improbable entre le cri du chameau et du bouc, quelque chose dans le genre…..

Bien que le froid ait été saisissant, cette mini croisière a été absolument géniale, j’ai adoré. Les paysages qui se reflétaient dans les eaux noires du Canal étaient magnifiques.

De retour sur la terre ferme, nous avons déambulé dans l’unique rue marchande dédiée aux bazars à touristes, avant de lever le camp direction l’aéroport pour partir vers la région des glaciers au pied des Andes. Notre avion a décollé avec 40 minutes d’avance !!! On n’avait jamais vu ça… Arriver en avance, oui, mais décoller avant l’heure prévue, c’était une première !!!

En tout cas, les paysages vus du ciel étaient spectaculaires, et ont rapidement changé dès qu’on a atteint la Patagonie et ses immenses étendues de steppe désertique (et non pas de “pampa”, expression employée à tort car la pampa c’est verdoyant en réalité) .

 

 
 

 

 

 

 

 

 

Après 600 kms survolés, nous voici arrivés à EL CALAFATE au bord du LAGO ARGENTINO dans le PARC NATIONAL DES GLACIERS.
Heureusement que le lieu est désormais desservi par l’avion, car auparavant, l’aéroport le plus proche se situait à plus de 3h de route… Pour juste faire une virée au PERITO MORENO, ça faisait un peu loin !!!
Depuis que l’aéroport y existe, la population d’El Calafate a explosé pour atteindre aujourd’hui un peu plus de 16000 habitants.
Le tourisme a transformé ce qui n’était qu’un gros village il y a encore peu de temps, en un gigantesque chantier de constructions. Les projets immobiliers sortant de terre y pullulent. Peut-être aussi que le fait que l’actuelle Présidente de l’Argentine, Cristina Kirchner, ait des attaches à El Calafate a beaucoup contribué à l’essor de cette ville….

C’est là-bas que nous avons le plus eu la sensation d’être paumé au milieu de nulle part tellement c’est gigantesque, désertique et aride. La ville la plus proche est à 320 kms !!!
La notion d’immensité prend tout son sens dans cet endroit où il y a carrément des icebergs qui flottent paisiblement sur le lac !!!!

 

 

Une journée extraordinaire nous attendait le lendemain de notre arrivée, avec en bonus des conditions météorologiques une fois de plus optimales et rarissimes (grand soleil et surtout AUCUN vent) pour aller admirer le colosse classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO….
L’imposant PERITO MORENO, glacier taille XXL : 15 kms de long, haut de 60 mètres au niveau du lac où il s’étend sur plus de 4 kms… C’est l’un des rares à se situer en bordure d’une zone boisée et à être observable d’aussi prêt et à aussi basse altitude (500 mètres à son extrémité plongeant dans l’eau du Lago Argentino).

C’est un glacier en perpétuel mouvement (il avance jusqu’à deux mètres par jour), ce qui fait qu’il offre à ses visiteurs un spectacle époustouflant devant lequel on pourrait y passer des heures tellement il est fascinant à observer et à écouter…
La visite du site a commencé par une approche en bateau…. A quelques mètres du géant de glace, on prend subitement conscience des dimensions du monstre… Et puis on frémit dès qu’on l’entend : les bruits sont impressionnants, malheureusement on n’a pas réussi à capter en vidéo car c’est imprévisible. Les craquements sont phénoménaux et indescriptibles, on dirait des explosions et parfois ça fait comme des coups de feu ; ça devient carrément flippant quand, en plus de ça, une partie de la paroi s’effondre en générant une vague énorme !!!! Et moi, je n’avais pas du tout envie de faire du surf avec l’embarcation !!!!!

Le reste de la visite se fait à pied, car le site est très bien agencé : il y a plusieurs kms de passerelles, avec différents parcours pour différents niveaux de difficultés. Nous avons pique-niqué pendant cette randonnée, en admiration devant le gros glaçon !!!!
Mon seul regret : ne pas avoir réussi à restituer en photo la beauté du lieu… La luminosité est telle là-bas (comme ailleurs en Argentine d’ailleurs) que le rendu est fade, et ce malgré l’utilisation d’un filtre spécial à certains moments…
Autre petit “regret” : ne pas avoir vu de manchots….et pour cause !!!! La guide d’Ushuaïa nous avait “réconfortés” de l’absence des manchots migrateurs en nous faisant croire qu’il en existait une colonie endémique au Perito Moreno… Sauf qu’on ne savait pas encore qu’il n’existe AUCUN manchots là-bas…. Les manchots ne vivent pas au bord des lacs mais au bord de la mer…. On est tous tombé dans le panneau car on ne savait pas encore que le glacier ne se jette absolument pas dans l’océan !!!!

 

Sur le chemin du retour vers El Calafate, nous nous sommes arrêtés au Musée du Glaciarium où il y avait aussi un GlacioBar… Attrape-touriste où on est accoutré avec une tenue très seyante et pas ridicule du tout, avant de descendre dans une salle frigorifique à -8°C (au départ de l’action…) avec de la musique à fond, des spotslights, et openbar où un rastarocket sert les boissons dans des verres éphémères en glace… La température est rapidement montée !!!

 

 

 

Le lendemain, nous avions une matinée libre avant de reprendre l’avion pour Buenos Aires.
Nous avons donc profité du beau temps pour aller visiter El Calafate (et toujours son unique rue commerçante), et explorer les rivages du Lago Argentino.
Il y a donc des icebergs sur ce lac, mais aussi des flamants roses ! On ne s’attendait pas à en voir là-bas. En fait, c’est une région de transit pour les oiseaux migrateurs.

 

L’après-midi, nous avons donc repris l’avion, direction Buenos Aires à 2000 kms de là.
Au programme de cette nouvelle escale dans la capitale : soirée TANGO argentin lors d’un dîner spectacle avec dégustation de vins !!! Sur le papier, ça s’annonçait être une soirée géniale…
Dans ce resto, il y avait la clim au maximum, impossible à faire baisser, c’était insupportable (quelques malades le lendemain…).
La musique était tellement forte que c’est rapidement devenu un supplice pour les oreilles. Je ne parle pas du style musical car les goûts et les couleurs….
Et puis surtout, je me faisais une joie de voir en vrai des danseuses de tango professionnelles, mais j’ai été très déçue par cette démonstration de la danse emblématique du pays… On va dire que les danseuses maîtrisaient pas trop mal leur discipline mais elles n’étaient pas du tout gracieuses, elles faisaient juste leur job ; elles étaient habillées pour la plupart de robes rapiécées qui faisaient limite pitié (bas en résille rafistolés du plus bel effet, escarpins aux lanières maintenues par du sparadrap ou des bouts de ficelle….).

Enfin bref, la soirée a été aussi interminable que la nuit a été courte : on est rentré à l’hôtel à minuit, et il a fallu se lever à 4h du matin pour partir à l’aéroport et prendre l’avion qui nous a emmenés à IGUAZU, à 1000 kms plus au nord, à la frontière avec le Brésil et le Paraguay.

La fatigue qui commençait à sérieusement s’accumuler a vite été balayée car voici l’un des moments les plus grandioses de ce voyage : les chutes d’IGUAZU où nous sommes restés 2 jours.

Elles font partie des plus belles et grandes cascades du monde : 72m de haut en moyenne, 200 chutes sur 3 kms en plein cœur d’une végétation tropicale luxuriante. Certains les classent même parmi les sept merveilles du monde moderne. Merveille, c’est vraiment le mot, et vue du ciel depuis un hélico, c’est encore plus extraordinaire, grandiose, magnifique, spectaculaire… Les superlatifs me manquent. Je me souviendrai longtemps de ce cadeau d’anniversaire pas commun !!!!!

 

La chance a vraiment été avec nous tout au long du voyage, car la veille de notre arrivée et le lendemain de notre départ, il a délugé à Iguazu…
Le premier jour, nous avons passé la frontière pour explorer le côté Brésilien des chutes.
Tout est très bien agencé là aussi, avec des passerelles aménagées qui permettent de s’approcher au plus près des cascades, tellement près qu’on était trempé. Mais vue la chaleur, on n’est jamais resté mouillé très longtemps.
Le côté brésilien est situé un peu plus en contrebas des chutes, ce qui permet d’observer le gouffre impressionnant dans lequel se jettent plus de 200 cours d’eau et cascades.

 

 

 

En fin de journée, sur le chemin du retour, on s’est arrêté dans un parc ornithologique avec des oiseaux tropicaux de toute beauté. Toutes ces couleurs de plumage, c’était superbe.

 

 


 

 

 

 

 

 

Le second jour, nous avons exploré le côté Argentin des chutes, principalement situé en haut des falaises d’où se jettent les différents bras du fleuve Iguazu.
Là aussi, le site est aménagé : 7 kms de passerelles, la plupart surplombant les chutes. De quoi faire une belle randonnée, et avoir de belles frayeurs. Il ne fallait pas avoir le vertige parfois !!!! J’ai dû prendre sur moi à certains passages…

 

 


On a aussi fait l’expédition en zodiac qui mène jusqu’au pied d’un des rideaux d’eau des chutes. C’est le truc spécial touristes à faire si on a envie de se prendre une douche monumentale sous des trombes d’eau d’où on revient trempé jusqu’au slip !!! On a mieux compris après coup pourquoi notre guide locale (brésilienne) nous avait demandé de prendre une tenue de rechange…

Pour poursuivre la randonnée, il a fallu prendre un petit train pour rejoindre la grande passerelle de plus de 2 kms à emprunter pour atteindre la GORGE DU DIABLE juste au-dessus des chutes. Là non plus, je n’ai pas assez de superlatifs en réserve pour décrire le spectacle littéralement hypnotique. Le bruit fracassant des millions de litres d’eau qui se déversent à chaque seconde était assourdissant.

 

 

 

 

Pendant ce séjour à Iguazu, nous avons pu également observer la faune et la flore locale abondante. Et qui dit végétation tropicale dit bestioles en tout genre…. Certains spécimens de la famille des insectes étaient de belle taille !!!

 

Après ces deux jours et deux nuits dans une ambiance tropicale très chaude et très humide, nous changeons radicalement d’environnement et de climat.
Cap vers le nord-ouest à 1100 kms de là, dans les Andes, où règne un climat très chaud et très sec.

Nous atterrissons à SALTA, ville très étendue d’environ 580000 habitants à 1200 m d’altitude. Nous resterons dans cette région andine durant 4 jours… pour notre plus grand plaisir…
C’est la partie du voyage que j’ai le plus aimé tant les paysages à couper le souffle m’ont subjuguée. La grande diversité et la beauté à l’état brut de cette nature sauvage de l’altiplano (hauts plateaux andins) m’ont envoutée.

A notre arrivée à SALTA, nous découvrons (ce qui est réputée être) une ville coloniale du XVIè siècle. Nous avons fait une visite guidée à pied durant tout un après-midi, c’était sympa mais pour être tout-à-fait honnête, nous n’avons rien trouvé de vraiment dépaysant…

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y a que lors de l’incontournable virée dans le marché municipal, gigantesque hangar aux allées étroites et grouillantes, riches en couleurs et en odeurs entêtantes, que nous avons vu des bizarreries sortant un peu de l’ordinaire !!!!
Manifestement, les argentins ont des problèmes récurrents de tuyauterie…. Mais ce n’est pas vraiment étonnant quand on sait ce qu’ils mangent !!! La population est saturée en protéines et devient de plus en plus obèse… le mal du siècle…

 

 

 

 

 

 

 

Un autre point de vue de la ville s’est offert à nous, une vue panoramique sur les hauteurs du CERRO SAN BERNARDO. Il est possible d’y monter par une route sinueuse, en téléphérique, ou bien à pied pour les plus sportifs et courageux… seulement 1070 marches à gravir !!!
La récompense est au bout de l’ascension, que nous avons faite en mini-bus en ce qui nous concerne.

 

 

 

Dernier petit récit à propos de SALTA : nous avons passé une soirée typique et traditionnelle dans une PEÑA. Il s’agit d’un restaurant où un orchestre joue de la musique folklorique accompagné de danseurs et danseuses tout aussi folkloriques !!!
C’est confirmé : les argentins adorent l’excès de décibels, car une fois de plus le niveau sonore était insupportable. Sans compter que les sonorités stridentes de certains instruments utilisés n’ont pas arrangé les choses. On a eu beau demander à plusieurs reprises de baisser le volume ou bien d’éteindre une des enceintes, rien n’y a fait : les argentins veulent devenir sourds !!!
Tout le groupe a été pris d’une nouvelle grosse crise de fou rire tellement c’était surréaliste. La guide locale (une autre française expatriée) ne savait plus où se mettre tellement elle était gênée (pas par le bruit, mais par notre réaction).
J’ai passé une grande partie de la soirée à me boucher les oreilles de peur de perdre mes tympans, et j’étais en apnée tellement je pleurais de rire. Quelques-uns n’ont pas pu résister au supplice, ils sont carrément sortis du resto et ont passé le reste de la soirée dehors sur le trottoir.
Voici 20 secondes de vidéo de l’orchestre. Le niveau sonore n’y est pas du tout restitué. On peut juste apercevoir un danseur à la chorégraphie très recherchée et au costume d’un bleu puissant….. Petit indice pour le reconnaître : c’est le SanKuKaï qui s’agite aux pieds des musiciens…

Le lendemain a été une longue mais superbe journée où le soleil a continué à être au rendez-vous pour notre plus grand plaisir.
J’ai été fascinée par les paysages grandioses que nous avons découverts tout au long du road trip au travers de la QUEBRADA DE HUMAHUACA

 

 

 

 

 

Une “quebrada” c’est une vallée profonde, comme un canyon en fait.
La Quebrada de Humahuaca est classée au Patrimoine Mondial de L’Humanité de l’UNESCO. Et j’ai compris pourquoi dès notre première halte au village indien de PURMAMARCA situé au pied de l’incroyable “montagne aux sept couleurs”

Cet arc-en-ciel minéral est d’autant plus spectaculaire qu’on a eu la chance d’avoir une lumière de lever de soleil optimale !!!
Nous avons visité ce petit village pittoresque avec son marché artisanal coloré, son église toute blanche à la charpente faite en bois de cactus, et son cimetière orné de fleurs et de rubans multicolores.

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons poursuivi notre road trip puis fait une nouvelle halte à TILCARA pour visiter les vestiges d’une forteresse Inca appelée la PUCARA et entourée d’immenses cactus en fleurs.

 

 

Nous avons repris la route et continué l’ascension jusqu’à 3000 m d’altitude pour arriver à HUMAHUACA, la ville coloniale qui a donné son nom à la Quebrada.

Là, nous avons fait la pause déjeuner du midi à la “Peña de Fortunato”. Fortunato est un homme haut en couleur qui a eu plusieurs vies !!! Il était instituteur avant de tenir cette auberge très touristique. Il est par ailleurs un poète publié, ainsi qu’un musicien/chanteur international.  Avec son groupe de musiciens traditionnels, ils se produisent dans le monde entier. Ils rentraient justement de voyage. On n’en est pas revenu !!!

 

 
L’endroit était vraiment dans son jus, il ne fallait pas craindre… Mais c’était bien sympathique et l’accueil a été très chaleureux.
Nous avons eu droit à une petite démonstration musicale, évidemment…

Avant de reprendre la route, nous avons profité d’une petite balade digestive dans les rues (désertées) de Humahuaca. C’est en gravissant les escaliers qui mènent au Monument de l’Indépendance que nous avons subitement pris conscience que nous nous trouvions à 3000 m d’altitude !!! Nous sommes arrivés là-haut complètement essoufflés et épuisés, mais la vue panoramique valait le petit effort…

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route du retour, petit arrêt photo au niveau du Tropique du Capricorne,

 

puis à “La Palette du peintre”, une autre montagne dont les roches sont multicolores (ça n’est pas flagrant sur la photo…).

 

Les deux jours suivants nous promettaient d’en prendre encore plein les yeux, et je n’ai pas été déçue du tout !!!! J’ai trouvé les paysages des différentes Quebradas traversées absolument sublimes, et leurs diversités sont stupéfiantes : à chaque col de montagne franchi un nouvel environnement radicalement différent apparaissait. C’était à peine croyable. La beauté à couper le souffle de certains endroits me restera gravée à jamais…

Donc le lendemain nous voilà partis pour un nouveau road trip.

Après avoir traversé les plantations de tabac de la vallée de Lerma, nous atteignons la magnifique QUEBRADA DE LAS CONCHAS avec ses formations de grès rouges, et ses faux airs de Grand Canyon Américain. L’altitude de ce haut plateau andin varie entre 1500 et 2000m.

 
En chemin, nous nous sommes arrêtés pour découvrir une curiosité géologique et acoustique : EL ANFITEATRO.

 

  
Des musiciens sont installés là pour les visiteurs. Et chaque année, il y a même des concerts de musiques qui y sont donnés tellement l’acoustique est exceptionnelle.
Une atmosphère étrange et paisible règne dans ce lieu.

 

Nous reprenons la route, où nous ne croisons pour ainsi dire personne. On se sent très loin de la civilisation. Les paysages défilent sous nos yeux ébahis. Plus on avance et plus il fait chaud. Nous faisons quelques arrêts pour mitrailler avec nos appareils photos, on ne sait plus où donner de la tête. Mon état contemplatif est à son paroxysme… Je suis envoûtée…

 

 

 

 

 

 

 

Progressivement, la végétation refait son apparition en approchant de la ville de CAFAYATE, et pour cause : elle est entourée de vignobles à perte de vue….. à 1660 m d’altitude !

Nous nous y arrêtons d’abord pour visiter une propriété viticole et y faire une dégustation de vins évidemment, et ensuite pour la pause déjeuner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La balade digestive qui a suivi le repas nous a permis de visiter un peu cette jolie ville, et de nous mêler à la population locale !!!! Dans une petite boutique, un “traquenard” m’attendait….
Alors que Philéas rentre dans une épicerie d’où on entendait jouer un accordéon, il en ressort soudain précipitamment pour venir me chercher sur le trottoir. Il riait bêtement mais je ne me suis méfiée de rien…
Pas plus tôt il m’attire dans cette épicerie (très couleur locale !!!) que je me retrouve dans les bras d’un vieux monsieur qui m’entraîne dans une danse endiablée, et qui me radote dans les oreilles des  << Eres muy linda, muy bonita y bailas muy bien >> très appuyés en me dévisageant de très très près tellement il me tenait serrée contre lui !!!! Et moi qui, pour tenter de calmer ses ardeurs, ne faisait que lui dire  << No entiendo nada, lo siento. Ma que calor aqui !!! >>.
Il n’avait plus beaucoup de dents le bougre, mais il dansait encore très bien.
Il m’a fallu quelques secondes avant de réaliser ce qui m’arrivait et surtout constater que tout le monde était mort de rire autour de moi…
Et bien je ne me suis pas démontée, je me suis prise au jeu et j’ai dansé avec ce monsieur sur la musique jouée par des musiciens assis sur une banquette désossée de voiture posée en plein milieu du magasin !!!
Philéas voulait absolument immortaliser la scène en me filmant mais il riait tellement qu’il ne s’est pas aperçu qu’il n’avait pas appuyé sur le bon bouton pour déclencher l’enregistrement vidéo. Il était dégoûté quand il s’en est rendu compte, et moi, j’étais soulagée…. même si le ridicule ne tue pas et que mon moment de “honte” est vite passé pour se transformer en énorme fou rire !!!
Ce bal musette improvisé a vite été contagieux car toutes les femmes du groupe sont passées à tour de rôle dans les bras du monsieur, qui ne boudait pas son plaisir de peloter à volonté des françaises de passage !!!

Quant à moi, j’ai fini de me ridiculiser toute seule lorsque je me suis adressée à l’épicier qui se marrait bien derrière son comptoir en regardant la scène improbable qui se jouait dans sa boutique.

Il y avait plein de piments dans des bocaux, et je voulais savoir s’ils étaient tous forts. Sauf que je n’arrivais pas à me faire comprendre et que du coup j’ai joint le geste à la parole. Mal m’en a pris : la guide m’a soudain attrapée les mains pour stopper mes gesticulations mimiques et m’a dit discrètement en faisant diversion  
<<  – Ouh là, surtout ne fais plus jamais ce genre de gestes devant un argentin !!! Sinon il va t’arriver des bricoles… >>
– hein ?
– ce que tu viens de faire comme geste, ici ça veut dire que tu l’invites à aller sous le comptoir avec lui si tu vois ce que je veux dire…. >>
Je suis devenue écarlate, et ce n’est absolument pas parce que j’avais goûté aux piments !!! Tout le monde riait comme des tordus. L’épicier ricanait avec un air lubrique. Il a fallu qu’on sorte de là pour reprendre nos esprits et surtout notre agréable balade dans les rues de Cafayate…

 

 

 

 

 

 

 

Après toutes ces péripéties, nous avons finalement repris la route…..enfin…. plutôt la piste !

Nouveau changement radical de paysages en atteignant la QUEBRADA DE LAS FLECHAS.
Notre mini-bus a été secoué pendant des heures jusqu’au soir sur cette piste de terre blanchâtre, poussiéreuse et complètement gondolée façon tôle ondulée. La guide nous a expliqué que cette piste avait été défoncée par le passage de la course du Dakar, et qu’elle n’avait pas encore été refaite.

Cette route aride était hallucinante, on se sentait perdu au milieu de nulle part. Dans cette vallée Calchaquie désertique, sous un soleil de plomb et une chaleur accablante, pendant des kms, aucun réseau téléphonique, aucun véhicule croisé : il ne fallait pas tomber en panne !!! Par moment, ça nous a même carrément évoqué l’Afghanistan…

De temps en temps, il y avait une église au bord de la route, ou un cimetière bariolé qui tranchait avec la blancheur environnante, mais pas âme qui vive…

 

 

 

 

 

Et puis après un nouveau col franchi, la verdure et les roches ocre réapparaissent soudain comme par enchantement.

 

 

 

Nous ferons une petit halte au village typique (mais incroyablement désert) de MOLINOS. C’est dingue comme il n’y a jamais personne dans les rues…

 


Et pourtant il y a bien de la vie puisqu’il y a des troupeaux dans les prairies… Tout ça nous a beaucoup intrigués.
La guide nous a finalement expliqué que dans ces régions-là, les gens vivent à l’intérieur, presque cloîtrés chez eux, et ils n’en sortent qu’en cas de nécessités. C’est leur mode de vie.

Ce n’est qu’en fin de journée que nous sommes ENFIN arrivés fourbus à CACHI, adorable petit village indien perché à 2200m d’altitude. Les maisons y sont blanches, les rues sont entièrement pavées, les panneaux dans les rues sont faits en bois de cactus, tout comme le plafond de l’église d’ailleurs. Nous avons beaucoup aimé cet endroit, ainsi que l’hôtel (pas spartiate mais presque !!!) dans laquelle nous avons passé la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

On serait bien resté un peu plus longtemps là-bas, mais il fallait déjà repartir le lendemain matin.
Pour redescendre à SALTA, nous avons parcouru un itinéraire différent. Les paysages m’ont une nouvelle fois subjuguée.

On a traversé le PARC NACIONAL DE LOS CARDONES, une immense plaine recouverte à perte de vue d’une “forêt” de cactus géants pouvant atteindre jusqu’à 3m de hauteur à l’âge de 250 ans environ. Une paille !

Le lieu est aussi rempli d’œufs de dinosaures datant de plusieurs millions d’années et d’autres joyeusetés paléontologiques.

 

Au milieu de cette pampa, on roule sur la  RECTA DEL TIN TIN, une  ligne droite de plus de 13 kms. C’est sur ce même tracé que passait autrefois la route des incas EL CAMINO DEL INCA qui traversait l’Amérique du Sud à la fin du XVè siècle.

Après la traversée de ce lieu vraiment insolite, nous atteignons le dernier col perché à 3457m d’altitude et nous nous y arrêtons pour observer la CUESTA DEL OBISPO, longue route sinueuse qu’il va nous falloir prendre pour descendre par la QUEBRADA DE ESCOIPE.
Tout va bien, j’ai pris de la nautamine….

 

Nous avons dû franchir ce pont métallique à pied car le mini-bus chargé de nos bagages était beaucoup trop lourd si on y restait dedans.
On s’est dégourdi les jambes, ça ne nous a pas fait de mal !

A la mi-journée, nous sommes arrivés dans une estancia datant du XVIIIè siècle pour un déjeuner “asado”, le barbecue party typiquement argentin !!!
Alors là, on s’en est mis plein la lampe !!!! La réputation de la viande argentine n’est pas du tout exagérée. Elle est vraiment excellente.
Le seul problème avec leurs grillades, ce sont les doses gargantuesques prévues : il faut compter 1 kilo de viande et 2 litres de vin à 17°  par personne…. de la folie ! Je suis une vraie carnassière, mais là, je dois avouer que j’ai rapidement calé devant les montagnes de barbaque….

 

Ce fut l’ultime étape dans les montagnes….

Il a fallu ensuite partir pour l’aéroport de SALTA où nous avons pris l’avion qui nous a ramenés à Buenos Aires, à 1300 kms de là.
Nous y avons passé la dernière nuit du voyage.

Le lendemain, pour notre dernier jour en Argentine, nous sommes allés à une trentaine de kms de la capitale pour faire une croisière sur les canaux de TIGRE, ville surnommée la “Venise de Buenos Aires“.
C’est un lieu très prisé pour les week-ends des “porteños” (= habitants de Buenos Aires) qui veulent se ressourcer au calme et échapper au tumulte urbain.
Beaucoup de maisons sont construites sur pilotis pour pallier aux crues fréquentes.
Le seul moyen de se déplacer dans les méandres de ces canaux, c’est par bateau. Il y a donc tout un système de transports en commun fluviaux pour ceux qui n’ont pas leur propre bateau.
Il y avait le tournage d’une “tele novelas” argentine (soi-disant) célébrissime pendant qu’on se baladait sur les docks. C’était marrant à observer.

 

 

 

Après cette croisière reposante et pittoresque, suivie du dernier déjeuner, nous sommes retournés à Buenos Aires et avons conclu ce voyage par la visite du quartier de PUERTO MADERO.

Un tout autre visage de la capitale s’offre à nous : l’ancien port et les docks de briques rouges ont été entièrement réhabilités pour former ce quartier atypique et touristique, le plus récent et accessoirement le plus cher de la ville.

 

Sur les quais, on peut y admirer la majestueuse frégate SARMIENTO, le premier navire-école de la Marine Argentine.
Ce bateau est classé Monument Historique National, et a été transformé en musée.

 

C’est ainsi que s’est achevé notre grand et beau voyage. Le soir nous reprenions l’avion retour.

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EPILOGUE

– J’ai retenu qu’en Argentine, on y parle….argentin et pas l’espagnol “castillan”. C’est encore bien plus flagrant qu’en Équateur.
Cela m’a occasionné bien des péripéties pour comprendre et me faire comprendre. D’ailleurs, j’aurai dû tilter dès le départ dans l’avion à l’aller : au moment du repas, les hôtesses proposaient deux choix, et ne sachant pas décrypter ce que c’était que le “pocho”, j’ai pris l’autre plat. Quelle déception quand j’ai vu que cet autre plat c’était du poisson, et que je me suis rendue compte que le mystérieux “pocho” était en réalité du “pollo” (prononcer polio) !!! Car en Argentine, le double LL espagnol ne se prononce pas “llieu” mais “CHE”… Encore fallait-il le savoir !!!! Tout ça nous a bien fait rire, surtout quand on parlait des gauchos et de leurs “cabacho” : les “caballo”, les chevaux quoi !
Et il n’y a pas que des variantes dans la prononciation. Beaucoup de vocabulaire n’est pas du tout le même, dans tout ce qui est alimentaire par exemple : pas pratique quand on veut commander quelque chose de précis…

– Philéas a retenu de l’Argentine que l’aspect “Histoire et civilisations” est presque inexistant, ou tout du moins mis entre parenthèse pour ne pas dire savamment occulté.
Seules les périodes de grandes vagues d’immigrations de la fin du XIXè et début XXè siècle sont “assumées”.
Le passé colonial, à part d’un point de vue architectural à certains endroits, il faut le chercher.
Quant aux cultures Indiennes du côté des Andes, alors là, c’est carrément étouffé. Ce n’est que pour le folklore touristique. Philéas a été très déçu par cet aspect-là…

– Nous avons retenu que l’Argentine est réellement LE pays de la viande ! Ce n’est pas un mythe. La gastronomie est presque exclusivement basée sur la viande, rouge essentiellement. Mais nous avons compris qu’il y a une raison à cela. Ce n’est pas juste une question de goût, c’est d’abord parce les terres argentines sont pour la plupart stériles, rien n’y pousse, et donc ils ne disposent que de très peu de fruits et légumes localement. Pour trouver des zones cultivables, il faut s’approcher des régions tropicales au nord. Mais c’est largement insuffisant pour nourrir tout le pays, et c’est très cher. Et comme ce qui est importé est hors de prix…
Du coup, les argentins se gavent de barbaque, à chaque repas, et à des doses massives. Nos estomacs non habitués à autant d’apports protéiniques n’ont pas supporté bien longtemps. Il n’en reste pas moins que leur super barbecue, les repas “asados”, sont excellents.

Pour aider à digérer tout ça, couper un peu la faim et booster leur métabolisme en carence de fruits et légumes, les argentins boivent à longueur de journée de la “Yerba maté”, l’infusion nationale.
C’est une tisane au goût prononcé, qu’ils boivent selon un rituel précis dans une tasse typique appelée “maté” (une petite calebasse qui ne doit surtout pas être lavée) dans laquelle est plongée une paille métallique appelée “bombilla” (prononcer “bombicha”…) qui filtre l’herbe en aspirant le breuvage. Le rituel se veut convivial car il est d’usage de le déguster à plusieurs en faisant tourner le “maté”, chacun aspirant une gorgée et le passant au suivant. Tout bon argentin qui se respect possède au moins un “maté”. Notre guide française de Salta en avait un “format de voyage” qu’elle faisait suivre partout avec un thermos d’eau bouillante. C’est elle qui nous a initiés à ce rituel.

Trois autres spécialités culinaires sont typiquement argentines :
     .- les “empanadas” : ce sont des petits chaussons faits en pâte à pizza, soit cuits au four soit frits (suivant les régions), et généralement farcis de viande de bœuf (évidemment !). Mais il y en a aussi des farcis au poulet, aux épinards (très bons), au maïs (un estouffe chrétien !!!), au jambon et fromage, ou encore aux oignons, etc etc etc C’est très bourratif…
     .- l’incontournable “dulce de leche” !!!! Alors ça, c’est une tuerie !!! C’est de la confiture de lait au goût de caramel. J’ai dû me faire violence pour ne pas m’en gaver pendant tout le voyage, car c’est proposé absolument partout et systématiquement à chaque repas.
     .- les “alfajores” : c’est LE gâteau national (bien qu’il soit d’origine arabe en réalité). Il s’agit de deux biscuits ronds collés l’un contre l’autre soit avec de la confiture, soit avec du chocolat, soit avec du “dulce de leche”. Le tout est enrobé de sucre ou de chocolat fondu. Bref, c’est très light comme pâtisserie, juste 1000 calories la bouchée… Notre préférence : ceux fourrés au “dulce de leche” et enrobé de chocolat.

POUR CONCLURE…

— Je suis revenue avec la certitude que j’aime vraiment les paysages si grandioses, spectaculaires et variés de la Cordillères des Andes. C’était la deuxième fois que je mettais les pieds dans ce coin du Monde, et je pense que ce ne sera pas la dernière…

— Philéas est revenu avec la (quasi)certitude que ce n’est finalement pas dans ce pays (qu’il idéalisait) qu’on émigrera un jour…  En dehors de la capitale, c’est désert, et c’est économiquement beaucoup trop aléatoire. Depuis, il est à la recherche d’un plan B…

— Enfin, nous sommes revenus avec un nouveau record : distance Béziers/Ushuaïa = plus de 12800 kms… Record à battre !!!

C’était définitivement notre voyage jusqu’au bout du monde

 (octobre/novembre 2013)

 

Albums photos par zones géographiques :
(cliquer sur l’image pour feuilleter l’album choisi)

https://plus.google.com/photos/109585419039452137952/albums/6143186808941794241?authkey=CKCRj73D85mKew à l’est :
Buenos Aires / Tigre
https://plus.google.com/photos/109585419039452137952/albums/6143192657983100593?authkey=CPGtsvCL6PnOSQ à l’extrême sud
Ushuaïa / Parc National de la Terre de Feu / Canal de Beagle
https://plus.google.com/photos/109585419039452137952/albums/6143182798309098481?authkey=CI7BsY7Mn9WQuAE au sud ouest
PATAGONIE : El Calafate / Lago Argentino / Perito Moreno
https://plus.google.com/photos/109585419039452137952/albums/6143199966615466209?authkey=CKu5yZCv6_XO-QE au nord est
Iguazu (côté Brésilien et côté Argentin)
https://plus.google.com/photos/109585419039452137952/albums/6143211818648140929?authkey=CJqxkfiZlMiaPA au nord ouest
Salta / les “Quebradas” de la Cordillère des Andes

 

2 Comments on “Voyage jusqu’au bout du monde… ?? ?

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